Réhabiliter l’honneur perdu des généralistes !
Vaud - 28/05/2010
La colère monte ! Le 11 mai, elles[1] étaient déjà près de 100 pour venir le crier : En regard de ce qui est dit de leur importance de leur engagement quotidien, les institutrices généralistes n’accepteront plus d’être des laissées-pour-compte !
 
Quand elle naquit, la promotion professionnelle des maîtres, puis des maîtresses du primaire constituait le coeur de la SPV.
Mais l’Histoire est passée par là, qui a introduit de nombreuses formations subséquentes pour les institutrices, et a, conséquemment, produit des paradoxes. Ainsi, pour valoriser leur situation, celles qui sont aujourd’hui désignées par le nom hasardeux de « généralistes », n’eurent - et n’ont encore - comme seule solution que d’échapper à leur condition même.
Et ce nouveau statut acquis par le retrait de sa condition d’institutrice entraîna - entraîne - parfois des responsabilités générales à la baisse : Ce n’est faire offense à personne que d’affirmer que l’enseignement d’une seule discipline soustrait à bien des engagements auprès des parents ou de l’établissement.
La SPV, alors que les généralistes représentent pourtant une bonne moitié des membres, a sa part de responsabilité dans cet état de fait, victime consentante des lobbies internes et du corporatisme exacerbé et militant des  « minorités » constituées en associations au sein de ses membres.
 
C’est ainsi que stagna le statut de celles qui oeuvrent au coeur de l’école, qui assurent l’entrée dans l’apprentissage de l’écrit et des mathématiques, qui accompagnent les premières marches qui conduisent à l’autel de l’art et de la culture, qui sont en première ligne pour asseoir les comportements de groupe et les apprentissages sociaux fondamentaux.
C’est ainsi que, n’ayant rien de spécifique à défendre tant le champ de leur action est illimité, ne sentant en rien leur existence menacée, dans une approche parfois trop « vocationnelle », les institutrices se sont laissé dépasser par des luttes qui ne les concernaient pas au premier chef.
Elles y ont même participé : Pensons aux ballons verts de l’AVMP, venus soutenir les collègues universitaires dont le pensum de 25 périodes par semaine était attaqué…
Il convient d’ajouter à ces causes le fait que la féminisation et le temps partiel qui en résulte ne sont pas le meilleur terreau de l’engagement syndical et que l’association des maîtresses du primaire (AVMP) n’a jamais vraiment su trouver sa vitesse de croisière.
Bref, la relative soumission des institutrices généralistes a conduit à un indubitable état de fait : Celles-ci restent les moins bien rémunérées, enseignent 28 périodes pour un plein temps, et il n’existe aucune prise en compte des responsabilités et charges nouvelles que le fil des dernières années a vu s’accumuler (inclusion d’élèves « différents », « réseaux », rencontres démultipliées avec les familles notamment…).
 
Alors, comment ne pas trouver légitime la réaction de ces généralistes qui à la suite des dernières négociations salariales et statutaires, virent leurs collègues du secondaire non seulement - et c’est bien la moindre des choses - maintenir leur « période de décharge pour maîtrise de classe », mais encore, pour beaucoup, augmenter leur salaire de près de 800 francs par mois pour autant que cette maîtrise soit assurée et qu’ils bénéficient de 15 ans d’expérience.
Certes, le nouveau salarial a apporté une réelle et attendue revalorisation des généralistes, quand bien même les « anciennes » n’y ont vu qu’une amélioration de quelques dizaines de francs par mois.
Mais, dès maintenant, la mobilisation des maîtresses généralistes et le combat qui s’engage pour qu’elles soient considérées avec honneur, et qu’elles puissent bénéficier de dispositions statutaires identiques à celles de leurs collègues du secondaire I, doit être notre mobilisation générale.
Si certains désirent maintenir pour eux seuls ce qui constitue aujourd’hui des« avantages comparatifs », qu’ils le disent. Et que ce soit de cela que l’on parle. On n’ose pourtant croire qu’il soit possible de vivre avec une âme si noire.
Le combat des généralistes doit être le combat de toutes et de tous. Toutes appartenances confondues.
Ce sera désormais, celui du Comité de la SPV. Jusqu’à satisfaction !


[1] Quand bien même de nombreux hommes occupent ce poste, en regard du fait que le statut de généralistes s’adresse dorénavant massivement à des femmes - et que cet état de fait a sans doute quelque chose à voir avec le sort qui leur est fait sur le plan statutaire -, ce billet est entièrement écrit selon une approche grammaticale au féminin.
 
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