Comment ne pas donner raison à l’AVMP et à l’AVECIN - les associations qui regroupent respectivement près de 1600 enseignant-e-s généralistes du primaire et de « l’école enfantine » au sein de la SPV - et aux collègues qui estiment qu’il n’est désormais plus acceptable que la SPV se satisfasse du seul fait de publier et de débattre de belles résolutions, de les transmettre ensuite au DFJC - qui en prend acte avec politesse - et d’attendre ! Ainsi de la question des différences de statut qui oppose les enseignants généralistes du primaire et ceux du secondaire I, notamment d’origine universitaire. « Enseigner le français et les mathématiques. Aborder la connaissance de l’environnement et les disciplines artistiques. Développer la maîtrise du corps… et la vie en communauté. Gérer la classe et sa diversité, rencontrer les parents, les collègues, les spécialistes, agir dans des “réseaux” de plus en plus nombreux... Chacun connaît le quotidien des généralistes. Tout ceci sans décharge ni augmentation après quinze ans de service ! La colère monte. Elle peut, elle doit se transformer en combat …» Voilà ce qu’écrivait le comité de l’AVMP dans sa livraison de PRIM’ de mars dernier, qui poursuivait en constatant que « Grâce à DECFO, les collègues du secondaire I qui bénéficient de 15 ans d’ancienneté ont vu leurs salaires augmenter de 600.- à 800.- par mois. Beaucoup disposent également d’une décharge pour maîtrise de classe. Si la satisfaction des collègues concernés est légitime, la différence de traitement entre les statuts des enseignants primaires et ceux du secondaire a pourtant été accentuée. » Dans ce cadre, les corporatismes sont désormais caducs et le combat pour l’égalité statutaire des enseignant-e-s de l’école obligatoire vaudoise doit être désormais le combat de tous. L’Assemblée des délégués de la SPV de Mézières, le 27 mai 2009 ne s’y est pas trompée, qui s’est prononcée à l’unanimité pour « un statut horaire et salarial unique et cohérent pour l’ensemble des enseignant-e-s de l’école obligatoire vaudoise , et a donné mandat au Comité cantonal de « tout mettre en oeuvre pour obtenir, avant la fin de la présente année, l’ouverture de négociations générales avec l’employeur, relatives au statut des enseignant-e-s de l’école obligatoire ». Certes, depuis, se déroulent des échanges « techniques » avec les services, dans le cadre et la perspective de l’édiction d’une potentielle future Loi sur le personnel enseignant. Echanges dans lesquels cette revendication est systématiquement rappelée. Certes, la SPV ne cesse de rappeler que l’absence de réponse sur les questions statutaires (et notamment l’extension à toutes et tous de la période de décharge dite de « maîtrise de classe ») pourrait conduire à un refus de toute nouvelle forme de loi scolaire. Certes, enfin, Mme la Cheffe du Département a récemment déclaré publiquement que: « L’avant-projet de loi prévoit une rétribution, en principe sous forme d’une décharge d’enseignement, pour des tâches particulières et non pas des fonctions. De fait, la maîtrise de classe correspond à des tâches confiées à l’enseignant. Cela répond à une demande de la SPV. » (Devant les collègues de l’Ouest lausannois, réunis le 11 janvier à l’Amphimax)… Cependant, chacun est conscient que rien ne sera possible sans une vraie mobilisation. Sans qu’une lame de fond ne se forme, puis déferle sur les rivages de la Barre et sur les bureaux de notre ministre des finances. C’est dans cette perspective qu’il s’agit de considérer le rendez-vous du 11 mai. Ce soir-là (Buffet de la Gare de Lausanne, 17h30), l’assemblée des généralistes organisée par l’AVMP se doit d’être une réussite. Cette assemblée de mobilisation est ouverte à tous les généralistes du canton, membres ou non de la SPV, et devrait déboucher sur la proposition de mesures de lutte, dans lesquelles la grève doit être considérée sans tabou si la juste revendication d’égalité de traitement n’est pas satisfaite à court terme. Hors de tout aventurisme , mais persuadé que le combat des généralistes est un des plus légitimes qu’il fùt, le Comité de la SPV enjoint toutes et tous les collègues concernés à se joindre à ce premier rendez-vous. « Au-delà des mots, celles et ceux qui ont fait le choix d’enseigner au primaire doivent être maintenant respectés, eux qui bâtissent les fondations sur lesquelles s’appuient les collègues du secondaire I. » écrivait encore l’AVMP récemment. Le 11 mai, nous avoir le devoir de nous sentir toutes et tous des généralistes ! |