L’enseignement fait partie de l’éducation. Et à ce titre, il arrive à chacun de nous de devoir sanctionner un élève. Tout est alors question de mesure qu’il n’est souvent pas facile à discerner. Dans toute société structurée, il existe des codes, afin que la vie en commun soit possible. Ces codes expliquent le comportement à adopter, ainsi que les mesures qui peuvent en sanctionner le non-respect. Ainsi, des lois, des règlements ainsi que des ordonnances jalonnent tous les domaines de notre existence, qu’elle soit purement privée ou professionnelle. En tant qu’enseignants, nous avons à faire appliquer le règlement de notre école en général, voire de notre classe en particulier. Et ce n’est pas chose aisée ; nous l’avons tous expérimenté. Là où la chose devient délicate, c’est dans le domaine des sanctions. On peut certes établir une liste des actes répréhensibles et des punitions qu’ils entraînent : par exemple, une grossièreté équivaut à un texte à recopier. Néanmoins, la pose d’une sanction met généralement les deux parties mal à l’aise. Tellement de facteurs entrent en jeu au moment crucial. Il faut bien admettre que, la plupart du temps, les choses se passent dans un climat plus ou moins tendu. D’une part, l’enseignant est désespéré parce que ses élèves n’arrivent pas à assimiler une manière de faire ou un savoir-vivre élémentaires. D’autre part, l’élève puni sent une injustice à son égard : il aurait droit, à ses yeux, à des circonstances atténuantes… D’ailleurs, nous, adultes, avons les mêmes ressentiments lorsque nous réalisons qu’un radar de police vient de nous flasher. Nous lâchons alors le fond de notre pensée envers ces maudits appareils ! Et là, à moins de mettre tout un appareil juridique en marche, nous avons droit au tarif. L’avantage, dans nos classes, c’est qu’il est encore possible de discuter avec un « coupable ». Pas nécessairement pour le laisser négocier, mais bien davantage pour lui expliquer ce qui l’a conduit dans cette situation. Certains admettent, d’autres pas du tout. Parmi les incivilités qui m’exaspèrent le plus, il y a le fait qu’un élève me pose une question, puis qu’il se mette à discuter avec son voisin pendant que je lui réponds. Ou bien ceux qui nient des faits, alors que je viens de le voir les accomplir (« Sur la tête de ma mère, je vous jure, j’ai rien fait ! »). Vous avez certainement aussi des jeunes qui secouent la tête en faisant des « ts, ts » comme pour vous faire comprendre que vous êtes complètement à côté de la plaque. Il est parfois difficile de garder son sang-froid vis-à-vis d’un élève qui se croit tout-puissant. Surtout que nous savons tous que la sanction que nous poserons devra être constructive. Et là, surgit encore un malaise. En effet, la sanction ne sera pas pareillement constructive d’un élève à un autre. Donc, un entretien est nécessaire. Cependant nous ne pouvons pas forcément retenir un élève après la classe, si par exemple, il a un bus à prendre. Et en reportant la sanction à plus tard, elle risque de ne plus avoir l’impact qu’on désirait lui donner. A mes yeux, la pose d’une sanction demande beaucoup de doigté de la part de l’enseignant. Il faut garder à l’esprit que l’élève continuera à fréquenter la classe et que les relations avec lui devront rester sereines. |