« De nos rencontres a émergé l’évidence de la complexité et de la richesse des relations de collaboration entre enseignants et spécialistes … » C’est ce qu’écrivaient la SPV et le GIPS[1] en conclusion d’un document commun déposé en août 2001, établi après de nombreuses rencontres de travail. Et c’est dans cette perspective qu’il convient d’envisager la journée d’échanges du 21 avril proposée par l’ECES[2] et la HEP de Lausanne. Le 21 avril prochain, sous le titre « Acquisition du langage écrit et ses difficultés », une journée d’échanges et de formation est proposée par l’ECES et la HEP de Lausanne. Ce forum doit être l’occasion, notamment pour les enseignants et les logopédistes, de partager des préoccupations communes. La journée, en particulier lors des échanges proposés en ateliers, devrait aussi réinterroger les coopérations entre pédagogues et spécialistes. [3] Les études portant sur les systèmes d'écritures alphabétiques indiquent que l'orthographe du français se situe parmi les plus complexes. En conséquence, l'acquisition de la lecture et de l'écriture est difficile, que les élèves présentent ou non des difficultés d’apprentissage. Dans cette perspective, la HEP de Lausanne, en collaboration avec des universités françaises a mené en Suisse et en France, durant deux ans, une recherche, soutenue par le Fonds National Suisse de la recherche scientifique, pour étudier les traitements orthographiques et morphologiques chez des élèves avec ou sans difficulté d'acquisition. Dans le cadre de leur part budgétaire dévolue à la recherche, la SPV, ainsi que l’AVMP, ont accompagné financièrement cette opération. Aussi, la journée du 21 avril sera-t-elle l'occasion de faire le point sur les avancées des connaissances dans le domaine de l’apprentissage de la lecture et plus singulièrement sur les résultats obtenus dans le cadre de la recherche susmentionnée. La deuxième partie de la journée offrira, en lien avec les conférences du matin, la possibilité de prendre connaissance diverses démarches pédagogiques d'accompagnement à l'acquisition de la lecture et de l'orthographe, notamment pour les élèves présentant une dyslexie/dysorthographie. Et de discuter ces démarches. Dans son document de 2001, le GIPSE et la SPV affirmaient que « Dans le partenariat, personne n’est dépossédé de ses spécificités, chacun part d’une position différente et porte un regard spécifique sur l’enfant ». A chacun son domaine : L’enseignant est d’abord en charge du groupe-classe ; il ne peut conséquemment investir une approche particulière envers un élève en difficulté spécifique d’apprentissage que ce que le temps et ses compétences lui permettent. Le spécialiste est dans une relation différente, plus personnelle, établie dans des perspectives et des temps différents, dans une approche centrée sur des difficultés auxquelles ses compétences propres lui permettent d’apporter des réponses ciblées. C’est donc dans l’échange et la mise en commun des énergies qu’enseignants et spécialistes doivent pouvoir se retrouver. Dans une confrontation - utilement conflictuelle - qui permet à l’élève de bénéficier des apports des deux parties. C’est dans cet esprit que doit être abordée la journée du 21 avril. Parfois timides face aux spécialistes, les enseignants trouveront dans ce forum, à travers trois conférences d’universitaires, des éléments utiles à la compréhension des difficultés auxquelles sont confrontés bon nombre d’élèves dans le domaine de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Ils pourront également y découvrir des logiciels informatiques pour l’acquisition de l’orthographe ou encore aborder l’apprentissage de la lecture grâce au langage parlé complété pour élèves malentendants. Des outils pratiques utiles à étayer les apprentissages des enfants dyslexiques seront également présentés. Co-organisatrice de l’événement, la SPV ne peut qu’encourager les enseignants vaudois - et tout particulièrement ses membres généralistes - à s’inscrire derechef à l’importante manifestation du 21 avril. Et à réserver du temps à la lecture de L’Educateur de début avril, dans lequel paraîtra un important article relatif à la thématique.
[1] Groupe interprofessionnel des spécialistes de l’école [2] Initialement « Ecole cantonale pour enfants sourds », l’ECES évolue désormais vers un centre de compétences dans le domaine de l’enseignement spécialisé. [3] Documents, information et inscription (jusqu’au 26 mars) sur le site du DFJC, rubrique SESAF, puis ECES-Centre de compétences |