Effet secondaire (1ère partie/2)
Genève - 12/03/2010
 
 L’instauration, en 2007, de moyennes calculées au demi point pour les résultats scolaires du trimestre et au dixième pour ceux annuels, apparaît comme un signe. Ces modalités d’évaluation, inédites, ne peuvent faire référence à un passé qui n’a pas existé ; inconsciemment ou pas, elles renvoient aux dispositions connues dans l’enseignement secondaire, au cycle d’orientation (CO) ou au collège. Sûrement que l’effet escompté a trait à un gage de sérieux. Le citoyen lambda a été assez bien conditionné ces dernières années pour croire que sans cette kyrielle de notes, les huit premiers degrés de la scolarité ne seraient pour les élèves qu’un vaste bain d’occupations ludiques sans objectif.
Tandis qu’au CO, là, on travaille. Oui, c’est ainsi, et le choc que ressentent les élèves en arrivant au cycle le prouve. Même si cette fameuse « baffe du CO » est largement fantasmée et entretenue – quel que soit en fait le type d’évaluation qui précède l’entrée au niveau secondaire 1 – surtout par certains profs dans le but de se rassurer, d’anticiper et d’expliquer leurs éventuelles difficultés en début d’année avec une volée inconnue.
Vision brouillée, erronée, caricaturale
Le concept de progression et de cohérence tout au long de la scolarité obligatoire est mis en avant depuis longtemps et constitue une priorité. Porteur d’un réel espoir, traduit d’une certaine manière avec le plan d’harmonisation scolaire suisse (HarmoS) qui adopte une nouvelle numérotation des degrés de 1 à 11, censé se concrétiser avec le plan d’études romand (PER), il bute en fait méchamment sur les représentations des uns et des autres, et en particulier sur celles des autorités. Dès 2000, le programme de suivi des acquis des élèves (PISA) a focalisé l’attention sur les résultats obtenus par les jeunes de 15 ans. La plupart des débats qui ont suivi, même quand ils avaient trait à l’enseignement primaire, ne parlaient en fait que des compétences et connaissances, acquises ou pas, au sortir de l’école obligatoire. Quelle que soit la véracité des propos – se résumant souvent, hélas, aux sempiternels lieux communs sur la baisse de niveau –, les discours ont démontré une vraie ignorance du travail effectué auprès des élèves de 4 à 12 ans. Aujourd’hui, la situation n’est pas meilleure, mais elle représente un danger accru au vu des projets en cours.
Le changement de l’horaire de l’écolier, projeté pour 2011, est révélateur de la peine qu’ont les décideurs à appréhender la réalité du premier niveau d’enseignement. Le terme de « période d’enseignement », pratiquement jamais utilisé auparavant, est devenu soudain la norme. Il faudrait avoir tant de périodes de 45 minutes de telle discipline pour réaliser les objectifs futurs du PER.
Eviter le scénario de la « secondarisation » du primaire
Actuellement, il faut le répéter, la grille horaire est indicative. Il n’y a pas de découpage strict préétabli et les élèves n’interrompent pas leur activité au bout de trois quarts d’heure pour changer de classe. L’enseignant, professionnel responsable, doit trouver les moyens, en prenant en compte l’hétérogénéité de la classe et le contexte local, de conduire tous ses élèves à l’atteinte des objectifs d’apprentissage.
Demain, s’il y a des maîtres spécialistes (MS) pour enseigner l’anglais, voire l’allemand (en plus des MS éducation physique et artistique), si le temps passé à l’école par l’élève est supérieur à celui de son enseignant, il y a fort à parier que la grille horaire sera figée et que cette rigidité bridera à la fois la créativité et la différenciation pédagogiques. La notion d’enseignant généraliste s’évanouira, un métier s’éteindra, et les profs se croiseront dans l’école sans se connaître. La division du travail rendra davantage nécessaire l’élaboration de projets, engendrera la multiplication des réunions, des séances de suivi collégial, etc. pour tenter de sauver un semblant de cohérence… Un investissement lourd de conséquences, coûteux – il faudra à l’évidence diminuer la charge d’enseignement, déployer davantage de dispositifs d’appuis – et dont il n’est pas prouvé que les retombées seront bénéfiques. (à suivre)
 
Liens
Liste de diffusion
 
L'actualité et les renseignements utiles pour le métier d'enseignant directement sur votre adresse mail.

  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::

Coopération pédagogique en Afrique
Pour faire connaissance avec CPA et éventuellement partir l'été prochain en Afrique, rendez-vous sur son site.

  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::

Testez votre niveau de langue!
Le Centre européen pour les langues vivantes (CELV) met à disposition sur son site un petit questionnaire qui permet de situer son niveau de langue.

  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::

Le Livre blanc
Le Livre blanc a été élaboré par le Comité du SER, analysé par chacune des associations et utilisé au 42ème congrès. Pour le télécharger, claiquer ici.

  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::

Les vidéos du 2 septembre
Pour revivre la première journée suisse de l'éducation qui a eu lieu le 2 sept, quand LCH et le SER ont rencontré les acteurs de la politique de l’enseignement, les partis nationaux, les responsables cantonaux en charge de l'éducation et d’autres spécialistes.

  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::  ::