Le jeudi 21 janvier dernier, le quotidien valaisan Le Nouvelliste a décidé de faire un article sur les enseignants. Dans ce dernier, le journaliste estime que les enseignants travaillent peu et en plus ils osent espérer une augmentation salariale. Quel culot !! Nous avons déjà plus de trois mois de vacances par année et de surcroît les élèves n’ont jamais été aussi faibles et incompétents!! La lettre écrite conjointement par cinq associations pédagogiques du canton du Valais (cf Educateur no 1-10) aura au moins eu le mérite de réveiller les médias cantonaux et romands. Si cette missive ne fut pas appréciée par tout le monde (le contenu semble agacer certains dirigeants), elle aura au moins eu le mérite de déplacer le débat ailleurs que dans les salles de maîtres. Il est toujours intéressant d’entendre et de sonder l’avis de la population sur notre métier. Les avis négatifs font souvent place à un respect et à une considération bien plus élevées que dans un passé récent. Il n’est pas rare d’entendre des phrases comme : « Je ne sais pas comment vous faites, moi je ne pourrais jamais le faire !» ou encore « Il faut être fou pour faire ce métier !! ». Non, nous ne sommes pas fous. Nous aimons notre métier. Mais ce dernier a passablement changé ces dernières décennies et nous avons passé d’un rôle de transmetteur de connaissances à un rôle d’éduco-transmetteur. Certes l’enseignant a toujours eu un rôle d’éducateur, mais l’évolution de la société a fait que ce rôle a pris une part prépondérante dans notre activité journalière. Il est difficile de mettre une frontière claire et précise entre le domaine de l’éducation et celui de la transmission du savoir. Et c’est justement ce flou qui complexifie notre métier. Nous ne travaillons pas avec de la matière inerte, notre matière première reste l’élève. Notre conscience professionnelle nous empêche de laisser un enfant en marge du système, nous essayons d’intégrer tout le monde et surtout nous collaborons avec tous les partenaires. Toutes ces activités se passent en dehors du temps de présence devant les élèves. Mais les personnes de mauvaise foi estimeront que cela fait partie de notre travail et que nous avons choisi de le faire !! Certes nous avons opté pour ce magnifique métier, mais la seule chose que nous voulons c’est que les politiques, les médias et les citoyens de notre canton prennent conscience de la pénibilité de notre profession. En conclusion, j’aimerais vous faire part d’une préoccupation personnelle. Si le métier est si facile et qu’il est si bien rémunéré, comment expliquer la pénurie qui nous frappe depuis plusieurs années ? Comment expliquer l’exode des enseignants du secondaire I vers le secondaire II ? Mais ces questions n’égratignent pas l’esprit d’un journaliste, aussi consciencieux et responsable soit-il!! Pascal Knubel, Pdt AVECO |