En février dernier, le SEJ s’était prononcé très défavorablement au projet de nouvelle carte scolaire mis en consultation par le Département de la Formation, de la Culture et des Sports (DFCS). L’ordonnance a récemment été modifiée par le Gouvernement sur proposition du DFCS. Les remarques formulées par le SEJ, essentiellement d’ordre pédagogique, n’ont pas été ignorées. La large consultation menée par le DFCS sur la redéfinition de la carte scolaire a obtenu un taux de réponses non négligeable de près de 60%. 90 instances, sur 151, ont fait part de leurs appréciations sur le projet. Le SEJ n’a jamais contesté le fait que la carte scolaire devait être revue en raison de la diminution sensible des effectifs constatée depuis plusieurs années. Par contre, il ne pouvait admettre que la réflexion incontournable sur ce point soit accompagnée en sus d’une recherche d’économies par l’introduction de normes sur les effectifs ne répondant à aucun critère pédagogique, mais reposant sur des objectifs financiers. Sur cet aspect du dossier, le SEJ n’a de loin pas été seul à se prononcer très défavorablement. Par exemple, à la question « Quel est votre degré d'accord avec un effectif minimal fixé à 61 élèves pour quatre classes ? », 47% des instances consultées se sont déclarées totalement en désaccord. 33% faisaient part d’un accord partiel, 20% seulement répondaient être pleinement en accord. Si les possibilités de réponses avaient été équilibrées en prévoyant une rubrique permettant de manifester un désaccord partiel, il est certain qu’une majorité des instances consultées se seraient déclarées en désaccord, à des degrés divers, avec cette option. Dans sa réponse, le SEJ ne s’est pas contenté de contester les nouvelles normes. Il en a proposé d’autres, s’appuyant sur des principes d’organisation scolaire valables depuis des années dans le Jura. Par exemple, sur le fait qu’un effectif de 14 élèves par classe correspond au seuil donnant droit à l’introduction du co-enseignement ou de l’enseignement en sections de classe. Ou sur l’observation de ce qui se passe dans les deux autres cantons de l’espace BEJUNE, où la constitution d’un cercle scolaire est envisageable dès 3 classes. Ce dernier élément n’étant d’ailleurs pas contraire à l’esprit d’HarmoS et de la Convention scolaire romande. Très objectivement, le DFCS a reconnu dans son rapport au Gouvernement que plusieurs instances ont regretté l’absence de la dimension pédagogique dans le projet. Le moins que l’on puisse dire est que pour une fois – et nous ne parlons pas que du domaine scolaire – les résultats d’une consultation ont largement été pris en considération pour l’élaboration du projet final. Les normes proposées par le SEJ, à une unité près, sont reprises pour les cercles scolaires de 4 classes et plus. C’est-à-dire, pour ne s’intéresser qu’au minimum, il ne faudra plus compter 61 élèves mais 56 (4 x 14) pour constituer un cercle scolaire. Ces quelques différences auront naturellement des répercussions favorables sur le nombre de classes global dans le Jura. Pas d’une manière phénoménale d’ailleurs. Mais ce n’était pas l’essentiel visé par le SEJ. Notre volonté était que des principes pédagogiques président à l’organisation scolaire dans le Jura. Une position valable pour tous les niveaux d’enseignement et sur laquelle continuera de s’appuyer le SEJ. Si l’ordonnance ne retient finalement pas dans ses normes la création d’un cercle scolaire dès 3 classes, elle ne l’exclut pas totalement en ouvrant la possibilité au DFCS d’octroyer des dérogations dans des situations particulières. Les facteurs géographiques, et la garantie pour chaque élève de suivre une scolarité favorisant ses chances de réussite (ce que de longs déplacements quotidiens en bus n’assurent pas), seront des critères d’appréciation importants. Le SEJ peut donc se déclarer satisfait de l’évolution du dossier depuis février dernier. Il enregistre d’autre part avec intérêt que cette ordonnance constitue une première étape dans la réorganisation scolaire du niveau primaire jurassien. La seconde, déjà annoncée et déjà admise, sera de regrouper les cercles scolaires ainsi constitués en arrondissements. Là aussi la dimension pédagogique sera prédominante pour le SEJ. Nous y reviendrons. |