La reprise d’une présidence telle que celle de la SPFF implique de se plonger dans de nombreux dossiers et de découvrir au fur et à mesure l’étendue du champ d’action des associations cantonales, romandes et suisses. Un 1er billet, quelques considérations… « Je me réjouis de lire ton premier billet de président dans l’Educateur », me disait une collègue à la salle des maîtres. Et de lui répondre que c’était bien gentil, mais qu’il fallait peut-être attendre pour voir… De nombreux thèmes d’actualité ou en discussion se présentent à moi… C’est que cette page même immatérielle affichée sur l’écran de mon ordinateur ne demande qu’à être remplie… Communication en danger… Si on parlait bilinguisme, concept des langues ou relations avec la partie alémanique ? Ce sujet reste tabou et la très grande distance entre le sommet de la barrière de röstis et le fond du Röstigraben est loin de s’atténuer… Les Chambres fédérales ont élu dernièrement notre 112ème conseiller fédéral. A l’appréciation des qualités des candidats, est venu s’ajouter le choix du canton d’origine, de la langue maternelle… M. Schwaller est-il un Romand ou un Alémanique ? Ou est-il simplement un Fribourgeois, originaire d’un canton romand qui a la chance d’avoir 2 langues officielles ? Que fait notre canton pour que nous devenions un modèle pour la Suisse ? Le dossier de la territorialité des langues réglé dans l’article 6 de notre Constitution est loin d’être classé. Pourquoi ? Qui a peur de perdre ses acquis, ses avantages ? Or, ne serions-nous pas tous gagnants si l’Etat mettait tout en œuvre pour « favoriser la compréhension, la bonne entente et les échanges entre les communautés linguistiques cantonales » (Const. Cant. Art 6 al.4) ? Le plus difficile n’est-il pas, au départ déjà, la compréhension… José Ribeaud, dans La Liberté du 1er octobre, conclut une interview par ces mots : « Ce qui implique que le Hochdeutsch soit privilégié au dialecte, afin que les enfants de la partie francophone apprennent une langue leur permettant de communiquer avec leurs voisins ». Que peut-on encore ajouter ? La SPFF sera très attentive à la mise en œuvre du concept des langues présenté le printemps dernier. Nous ferons aussi le maximum pour collaborer au sein de la FAFE avec nos collègues germanophones pour arriver à débloquer des dossiers en commun. De plus, nous veillerons à l’application de la future loi scolaire de manière uniforme pour tout le canton. Formation sans avenir… La formation des enseignants est aussi d’actualité. En consultation dans tous les cantons suisses, le projet de la CDIP sur « la catégorisation des diplômes d’enseignement » nous interpelle. 2 variantes nous sont proposées, mais une restriction de départ est posée : la durée de la formation, trois ans actuellement, ne doit pas être allongée… Cette restriction est très difficile à concilier avec une formation de qualité recouvrant tous les domaines d’enseignement (c’est pourquoi des disciplines à choix nous sont proposées) et surtout elle va à l’encontre des exigences portées par le SER et ses délégués d’une formation débouchant sur un MASTER … Bien sûr, cette position fait débat dans nos rangs et, pour ne rien vous cacher, la SPFF s’interroge parfois… Cependant, nous devons défendre une formation de qualité pour tous, permettant d’autres débouchés et pouvant être reconnue en dehors de nos frontières. Un rapport de notre comité sera remis et discuté à la FAFE pour être ensuite transmis à la DICS. Mais dis-moi, il y en aurait encore à dire… Je crois, hélas, que le nombre de caractères prévu pour le mot du président est atteint… Alors, il ne me reste plus qu’à vous exprimer le plaisir que j’ai depuis plus d’un mois maintenant. Certes, la période d’apprentissage se continue et va encore durer quelques mois, mais cette fonction est très intéressante quoique gourmande en temps et en énergie. Pour terminer, laissez-moi vous rappeler que des collègues ne sont pas convaincu(E)s de notre utilité, nous reprochent notre engagement trop consensuel ou nos prises de position trop molles, et pensent que de toute façon on a les mêmes avantages sans payer sa cotisation, sans s’engager. Mais ce n’est qu’ensemble que nous arriverons à des résultats et 1.- par jour n’est pas trop cher payer pour que perdure une solidarité professionnelle qui est un atout pour notre métier. Payez votre cotisation et surtout parlez-en autour de vous. MERCI ! |