Quel taux, dis ? ! (3e partie/3)
Genève - 30/10/2009
Le calcul du taux d’encadrement des élèves devrait être modifié, non seulement en raison de l’évolution attendue de l’Ecole mais aussi parce qu’il est source d’insatisfactions et d’incompréhensions. Mais pour arriver à une solution correcte, compréhensible par tous les partenaires, il y a encore du chemin…

Actuellement, même au niveau des établissements, il n’est pas évident de connaître le véritable taux d’encadrement des élèves et la marge de manœuvre pour réaliser une organisation des classes cohérente. Les indications que l’on trouvait sur le site du DIP en regard du nom de l’établissement donnaient même des informations plutôt farfelues… L’essai des taux-cibles à respecter pour les rentrées suivantes, lancé sans concertation en mars dernier par la direction générale, aura au moins eu le mérite de montrer qu’un affaiblissement du taux était froidement envisagé pour la rentrée 2010. Comment rompre avec cette détermination frénétique visant à couper des forces à la base (la hiérarchie se remplumant sans cesse, évidemment…) ?

Un taux peut en cacher un autre…

Dans la perspective d’une direction unique de l’enseignement obligatoire (prévue en 2009, puis 2010, puis…) et du changement de l’horaire scolaire (2011… ?) il serait intéressant de pouvoir comparer avec la situation de l’enseignement secondaire. En 2007, selon le SRED[1], le nombre de postes d’enseignement pour 100 élèves était de 10,69 au cycle d’orientation et de 9,39 au post-obligatoire (collège). Ces chiffres, si on veut les comparer avec le calcul en vigueur au primaire (1 poste pour 17 él.), signifient un taux de 9,35 au CO et de 10,65 au collège. Rappelons que pour l’enseignement primaire, durant les vingt dernières années, le meilleur taux se situait à 14 (et se trouve à 17 depuis plus de dix ans). Normalement, pour rapporter le taux du primaire à ceux du secondaire, le 1 pour 17 se transformerait en 5,88 postes pour 100 élèves. Mais le SRED donne le chiffre de 6,77. Diantre ! Nous aurions donc un taux à 14,77 au lieu de 17, sans le savoir ? Cette année 2007 avait certes connu une petite embellie (taux à 16,75 à un moment de l’année), hélas sans lendemain, mais cela n’explique pas cette différence. Il faut lire la note du SRED qui dit que seuls les taux des personnels enseignants sont pris en compte dans le calcul (les postes de doyens, secrétaires, bibliothécaires, psychologues, conseillers d’orientation, préparateurs, etc. dont le secondaire est largement pourvu sont ignorés), sauf pour le primaire. Dès lors, la mixture concoctée par le SRED afin d’établir cette statistique restant inconnue, la bouteille d’encre s’opacifie davantage…

Quelle autonomie ?

Théoriquement, avec le nouveau fonctionnement de l’enseignement primaire et l’autonomie partielle prônée, chaque établissement devrait recevoir une enveloppe de postes dont la taille serait définie en fonction des caractéristiques locales. On doit aussi imaginer que l’équipe (et non pas le seul directeur) puisse choisir la meilleure organisation possible. Le manque de confiance envers les professionnels, à tous les niveaux, est patent et cause sûrement des dégâts aussi importants qu’inutiles. Les enseignants doivent pouvoir affirmer leurs choix (classes multi-âges, doubles degrés, appuis divers, etc.) sans que leur créativité ne soit sans cesse bridée. Mais il faudrait au préalable obtenir des garanties sur les moyens. L’encadrement des élèves, compte tenu de la complexité de l’Ecole et de la possible augmentation de l’horaire, doit être renforcé, et son calcul simplifié. Revenir à un taux cantonal de 14 constituerait une première étape. Cela rendrait notamment possible l’application d’une vraie discrimination positive. Il conviendrait ensuite de sortir les maîtres spécialistes (MS) du calcul car chaque élève a droit à un quota identique. Les autres postes hors enseignement (éducateurs, maîtres adjoints, par exemple) resteraient aussi en dehors du calcul. Ces ressources, à redéfinir, sont dues et n’ont pas à être mises dans la balance. Il resterait donc aux équipes enseignantes à optimiser l’utilisation des postes de titulaires (TIT) et de chargés de soutien pédagogique (ECSP), avec toutes les variables possibles de répartition. Pour que la confiance et les moyens soient au rendez-vous, et que les choix du corps enseignant soient entendus, une mobilisation de tous est nécessaire !


[1] Mémento statistique de l’éducation à Genève, Service de la recherche en éducation (SRED), éd. 2009

 
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