C’est parti ! Comme on pouvait s’y attendre, quelques hypothèses fortes relatives à la refonte de la Loi scolaire, bien que présentées à huis clos aux groupes HarmoS le 25 août, ont été rendues publiques le 5 septembre par un grand quotidien vaudois. Et comme si tout était déjà décidé - ce qui est loin d’être le cas - la suggestion de faire disparaître les filières en tant que telles et la mise en cause du redoublement - propositions qui ne manquent pas de courage dans le contexte vaudois - ont notamment déjà suscité quelque émoi dans les salles des maîtres et les bistrots des campagnes- Elles ont immédiatement provoqué des échanges musclés sur le forum dudit quotidien. Ce n’est cependant que dès novembre prochain et jusqu’en janvier 2010 que le débat pourra prendre une forme plus organisée, quand un réel avant-projet formalisé article par article sera mis en consultation par le DFJC. Puis, au printemps à venir, quand le Conseil d’Etat devrait pouvoir mettre en consultation un projet de loi plus affiné. Les travaux parlementaires se dérouleront à l’été 2010 et la nouvelle loi, une fois adoptée par le législatif, sera soumise au peuple dans un peu plus d’une année selon toute vraisemblance. Le souverain sera alors convié à trancher entre cette nouvelle loi et l’initiative Ecole 2010. 15 mois, c’est très court : Les enjeux sont massifs ; des visions très antagoniques de l’école obligatoire vont s’affronter dans un débat dont on attend qu’il soit solidement documenté, argumenté et respectueux. Las, le parfois nommé « grand bordel » d’EVM est encore dans toutes les mémoires, les plaies de DECFO suintent toujours et, même si la Cheffe du département semble ne pas désirer y toucher, les questions statutaires émergent déjà: les structures c’est une chose, mais il faut des hommes et des femmes pour les habiter. De plus, dans le contexte où très vite se profileront les élections générales de 2012, celles et ceux qui voudront faire leur place sur la scène politique vaudoise seront fortement tentés de se saisir publiquement du dossier et d’en faire un enjeu électoral. Tout est ainsi en place pour que renaisse une solide dispute. 15 mois, pour un conflit, même scolaire, c’est donc aussi bien assez long. Les guerres scolaires provoquent des ravages dont il faut des années pour guérir. Mais, en conséquence de nos appels à refuser la paix des cimetières - qui semblent avoir été entendus - nous ne pouvons qu’encourager l’exécutif et le législatif du Canton à ne pas trop édulcorer le projet initial du DFJC. A vouloir contenter tout le monde, le risque est fort que personne ne se retrouve dans le projet final. L’école vaudoise mérite autre chose que de la bouillie pour les chats ! De notre côté, nous nous engageons à maintenir le climat à la meilleure hauteur possible. Nous appelons tous les acteurs de ce dossier à en faire de même ; à garder la tête haute et leur sang froid. Les grandes options présentées le 25 août s’inscrivent aujourd’hui dans ce que la SPV pourrait soutenir. Sur de nombreux points, elles sont relativement proches de ses propres positions. De tout cela, dans le respect des textes fondateurs de la SPV, nous débattrons. A l’interne d’abord, puis sur la place publique. Nous mettrons tout en oeuvre pour que, dans le respect de l’adversaire, des options audacieuses vivent jusque devant le peuple ; et toute l’énergie possible afin que l’école vaudoise et ses acteurs puissent à la fois retrouver fierté, confiance et dynamisme. Même si ce qui sera proposé au final pouvait paraître très exigeant et très élevé: L’Everest est quand même plus tentant que la colline de Montbenon. |