(…) Nous voici réunit à nouveau pour un bilan de ces deux lustres passés à présider la Société Pédagogique Fribourgeoise Francophone. L’exercice n’est pas aisé tant le travail s’effectue en collaboration, en partenariat dans le respect de chacun. Permettez-moi de reprendre, en jetant un regard en arrière, les événements, les actions et les combats que nous avons menés durant ces années. C’est à l’assemblée de Bulle en 1999 que vous m’accordiez votre confiance pour mener notre SPFF dans les méandres de la défense syndicale. Il est vrai que l’appellation pédagogique tient également un rôle très important dans notre action. (…) Prise entre les tenants d’un syndicalisme pur et dur et les tenants du partenariat, la situation n’était pas simple. Les premiers comités furent houleux. (…) En effet, Monsieur Macheret venait de proposer son fameux concept du bilinguisme. Celui-ci, trop vite rédigé et fortement sous estimé au niveau financier reçut un accueil glacial de notre part. Fait très rare, une assemblée générale du corps enseignant fut convoquée à l’aula de l’université de Fribourg pour définir notre position et surtout la stratégie à adopter. Les travées étaient bondées et la grogne palpable. Pour moi, le baptême du feu fut aussi rapide que formateur. (…) En 2002, le rapport sur les causes de stress et les risques d’épuisement professionnel chez les enseignants fixa les bases de notre action. 800 collègues avaient répondu au questionnaire préparé sous la conduite de Fabrice Brodard, étudiant à l’université de Fribourg. Les praticiens identifièrent des mesures préventives dans le fonctionnement, les structures et les contenus de l’école, ainsi que des mesures curatives dans le fonctionnement et les structures. Aujourd’hui, avec la mise en place des responsables d’établissement la majorité des mesures proposées dans le rapport ont trouvé une réponse institutionnelle. Le time out du 20 mars 2003 répondit aux mesures d’économie proposées par le Conseil d’Etat. Cette suspension de deux heures du travail en classe permit une large discussion sur les points de divergence qui étaient entre autres le gel des appuis, le nombre d’élèves dans nos classes et la « réformite aigue » dont souffrait notre métier. (…) Le mouvement de création des hautes écoles restera pour nous un moment difficile. Au niveau des cursus de formation, la SPFF n’a pas été invitée à la table des discussions. Cette mise à l’écart, résultat d’une méconnaissance du recteur de l’époque, a engendré des tensions dans les salles des maîtres et une méfiance face à l’arrivée cette nouvelle formation. Fort heureusement, un changement de direction plus tard, les différends ont été aplanis et la porte de la HEP nous est à nouveau ouverte notamment pour la présentation de la SPFF aux jeunes collègues. (…) Certains esprits chagrins regrettent le temps du syndicalisme d’opposition et de lutte des classes. Force est de constater qu’aujourd’hui celui-ci n’a plus sa place sur le terrain. Le débat sur et pour l’école publique doit se dérouler dans le terreau fertile du partenariat et non sur le pavé ou par presse interposée. Les relations et les rencontres mises en place avec la DICS et la conférence des inspecteurs romands démontrent le respect de chacun dans sa diversité. Même si les idées sont opposées, nous avons toujours trouvé un compromis issu de discussions animée. (…) Merci à vous toutes et tous pour la confiance que vous m’avez accordée durant ces 10 ans. Je ne saurais ici citer tous les contacts échangés dans les bons comme dans les mauvais moments. (…) Merci enfin à Gaëtan d’avoir accepté la présidence de la SPFF. La connaissance des dossiers acquise au comité et au bureau feront de lui un excellent président. Je vous prie donc de lui accorder toute votre confiance dans cette tâche. Je ne saurais mettre un terme à mon propos sans me livrer à un petit exercice… et si je ne devais retenir que la pire phrase entendue : « On ne sait pas où on va, mais on y va ! ». Une chose est sûre, on sait où on ne veut pas aller. (…) La SPFF a toujours su garder le cap dans la défense des conditions de travail et de la qualité de notre école, longue vie à la Société Pédagogique Fribourgeoise Francophone. Merci *L'intégralité du discours d'au revoir de Marcel Bulliard peut être lue sur le site de l'Educateur, www.revue-educateur.ch |