Des revendications prioritaires
Jura - 11/09/2009

A l’occasion du 6e Congrès quinquennal, fort fréquenté, les membres du SEJ ont adopté trois résolutions. L’une d’elle colle à l’actualité, puisqu’elle s’intéresse à la nouvelle loi sur la Caisse de pensions, actuellement au niveau du débat parlementaire. Nous y reviendrons. Les deux autres définissent des combats prioritaires à mener dès à présent. La première de ces résolutions revendicatives concerne les emplois précaires dans l’enseignement.

A la rentrée 2008, le SEJ avait rendu publique une enquête qu’il avait menée sur la précarité  des statuts de certains enseignants. Le mandat avait été confié à une enseignante connaissant un de ces statuts. On avait appris que plus de 300 personnes étaient engagées dans l’enseignement obligatoire sans avoir un statut solide assurant un emploi ne serait-ce qu’à moyen terme.

Des licenciements à la fin de l’année scolaire dernière ont montré que le malaise était plus profond encore, puisque que des enseignantes à la tête d’une classe depuis plus de 6 ans (une période administrative) voyaient leur contrat renouvelé année après année.

L’enquête faisait mettait en évidence que les femmes étaient particulièrement touchées par ce phénomène. Elles manifestaient toutes des préoccupations pour leur avenir professionnel et un sentiment fort d’insécurité financière.

Au niveau du secondaire II, la situation est pire encore. En réponse à une question écrite posée en 2006, nous apprenions que dans les écoles professionnelles, qui dépendaient alors du Département de l’Economie, sur 179 enseignant-e-s, représentant 102,12 équivalents plein temps (EPT), 50 seulement (pour 42,84 EPT) bénéficiaient d’un statut de maître permanent. 62 avaient un statut de maîtres auxiliaires mensualisés et 69 un statut de maîtres payés à l’heure. Pour ces deux dernières catégories, plus de la moitié (68) connaissaient le même statut depuis plus de 5 ans, près du tiers (39) depuis plus de 10 ans. Les choses ont quelque peu évolué, mais pas dans des proportions significatives.

Il n’est pas tolérable qu’une collectivité publique maintienne des proportions aussi élevées d’emplois précaires de longue durée. Le SEJ, fort du soutien de son Congrès, revendiquera fermement que les enseignant-e-s engagé-e-s au même taux pendant plus de deux ans voient leur statut se solidifier par une titularisation partielle au moins.

Un temps de travail que l’on ne veut plus abstrait

La seconde résolution revendicative porte sur le temps de travail des enseignant-e-s, plus particulièrement sur sa reconnaissance. La fonction enseignante est certes à considérer comme l’accomplissement d’un mandat, mais il faut aujourd’hui définir le temps de travail nécessaire sur des bases plus objectives, ne laissant que peu de place aux interprétations.

Plusieurs enquêtes, dont une menée à l’interne du SEJ durant l’année scolaire 2007-2008, ont démontré que le temps de travail des enseignant-e-s dépasse largement les 2'000 heures annuelles. Leur répartition sur l’année n’est pas aussi régulière que ce que l’on peut observer dans d’autres domaines d’activités. Toujours est-il que compter 2 heures de travail au moins par leçon d’enseignement, est une proportion qui colle à la réalité.

Cette non reconnaissance du temps réel de travail dans l’enseignement a trouvé sa concrétisation dans le Jura avec les propositions gouvernementales pour l’assainissement des finances cantonales qui prévoyaient une diminution du temps de travail dans l’administration et une augmentation du temps de travail pour les enseignants de plus de 50 ans !

Le SEJ mettra l’accent sur deux aspects : le problème du calcul du temps de travail des enseignant-e-s à temps partiel (tout comme le salaire, le temps de travail doit être proportionnel au taux d’engagement) ; l’évaluation des tâches administratives supplémentaires régulièrement imposées enseignant-e-s.

Des négociations sur ces points, à la faveur du débat sur la nouvelle loi sur le personnel seront exigées. Dans ce texte, on y prévoit pour l’instant la reconnaissance de l’équivalence du temps de travail des enseignant-e-s et des fonctionnaires. Le SEJ veut que cette reconnaissance se traduise désormais dans les faits.

 
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