L’avantage des Assemblées générales ordinaires (AGO), menées en deux heures chrono, c’est que la place pour les discours se trouve réduite à l’extrême. Et qu’en général celui du président passe à la trappe, faute de temps. Ce qui fut le cas lors de l’AGO 2009. Voici néanmoins quelques extraits[1] de mon discours non prononcé le 26 mai. « (…) Je ne peux pas m’empêcher de mettre cette année particulièrement difficile en perspective avec mes sept années de présidence. On dit qu’en amour, la septième année, une fois la première dépassée, constitue un cap déterminant. Ça passe ou ça casse, en quelque sorte, mais cela reste une épreuve en soi. Cette septième année – il faut naturellement davantage y voir un effet dû à la conjoncture plutôt qu’à une règle quelconque – aura été la plus rude pour moi, je ne m’en cache pas. (…) J’aime bien me rappeler que quand je me suis installé au 14, bd Georges-Favon, en 2002, il n’y avait qu’un seul ordinateur, que me laissait de temps à autre ma secrétaire… Quand j’étais vice-président, les courriels étaient relevés une ou deux fois par jour et le temps que les quatre messages quotidiens se chargent – tididitadada, pas d’ADSL – on avait le temps d’aller boire le café… Je m’étais fait un point d’honneur de répondre à tous les mails et si je crois avoir réussi ce challenge durant six ans, force est de constater que je n’y suis pas arrivé pleinement en 2009. C’est peut-être un détail mais un signe aussi. Signe que des choix doivent être opérés, qu’il faudra envisager de renoncer à certaines activités ou alors accorder plus de forces permanentes à l’association professionnelle. (…) Aujourd’hui, nous avons besoin, plus que jamais, d’un syndicat fort. Face aux critiques sournoises, aux tentatives de divisions, aux velléités de jouer la carte de l’individualisme pour s’en sortir, aux incitations à monter les uns contre les autres, nous devons résister ensemble, répondre non aux invitations iniques, montrer une solidarité exemplaire entre nous. (…) Le syndicat n’a pas vocation d’annoncer que des bonnes nouvelles… L’actualité n’est pas réjouissante, le monde du travail et les relations entre employeur et employés se durcissent, c’est un fait avéré (…). Notre devoir est de lutter pour obtenir des conditions de travail meilleures, afin de garantir un enseignement plus efficace. Il ne s’agit pas de camper sur des acquis. Il faut aussi refuser – comme pour l’échec scolaire – toute idée de fatalisme, conjoncturel ou autre. Nous devons donc réfléchir ensemble aux moyens d’action que nous sommes prêts à déployer pour nous faire entendre et arriver à nos fins. (…) Il nous faut résolument viser un taux d’encadrement à 14, doubler le quota des heures dispensées par les maîtres spécialistes, diminuer sensiblement la charge d’enseignement, à 22 périodes pour un 100%, par exemple, etc. et négocier des modes nouveaux d’organisation du travail, équitables. Nous devons conditionner la mise en place du plan d’études romand et des autres projets liés à HarmoS à l’obtention de ces revendications minimales. Enfin, (…) je pense que la gageure qui nous attend sera de veiller et de s’employer à ce que l’autonomie partielle des établissements le reste. C’est-à-dire que la prise en compte du contexte local et le fait de favoriser, si possible, l’intelligence au travail, ne débouchent pas sur une autonomie toujours plus grande, exagérée, qui en fin de compte, mettrait à mal l’équité et l’égalité de traitement, autant du corps enseignant que des élèves. (…) Pour conclure, (…) [je vous rappelle] que j’entamerai ma huitième et théoriquement dernière année de présidence à la prochaine rentrée et qu’il va falloir songer à ma succession… Nous aurons le temps d’en reparler. En attendant, la SPG a besoin de vous, engagez-vous, à l’AD, au comité, au Cartel, etc. il y a des places ! Pour terminer vraiment, je vous livre cette citation tirée du dernier livre d’Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne – une idée de lecture pour vos vacances si jamais – : « Ne pas chercher quoi dire d’intelligent, laisser venir les mots qui sortent de sa bouche : ce ne sont pas forcément les bons, mais c’est seulement comme cela que les bons ont une chance de sortir. » Voilà, c’est un peu ce que j’ai essayé de faire et j’espère que vous y avez trouvé quelque chose de bon. Et puis il fallait bien au moins une citation dans mon discours pour avoir l’air intelligent… »
[1] Texte complet sur le site de la SPG : www.spg-syndicat.ch |