Depuis plusieurs mois, quelques cantons romands s’intéressent à notre système scolaire de manière un peu plus approfondie. Notre système de Cycle d’orientation à niveaux constitue un exemple à suivre. En tant qu’enseignant, j’estime que le système à niveaux constitue la solution la plus adaptée pour nos adolescents. Chaque élève peut avancer à un rythme qui est plus ou moins proche de son développement intellectuel. La loi sur le cycle d’orientation de 1986 avait déjà dessiné les contours de ce système. Toutefois pour des raisons politiques, le DECS avait laissé l’opportunité aux CO de choisir entre un cycle à section (où finalement seule l’intitulé A et B s’est transformé en S et G) ou un cycle à niveau. Le cycle à niveaux permet aux élèves de s’exprimer de manière optimale selon leurs diverses aptitudes en Langues 1 et 2 ainsi qu’en mathématiques. Notons au passage que la langue 2 prend une valeur extraordinaire puisque d’une branche non évaluée en 6P elle passait en branche à niveaux et principale au secondaire 1. Je ne vais pas revenir sur les anomalies liées à la hiérarchisation des branches, mais je souligne simplement que certaines branches dites culturelles souffrent énormément de leur statut. Le canton de Vaud a invité M. Lovey à présenter tous les bienfaits de notre système. Une chose ne doit pas être oubliée, une loi scolaire qui fonctionne et donne satisfaction dans un canton ne va pas forcément le faire chez son voisin. La configuration géographique du Valais, la grandeur de nos CO (de 50 élèves au minimum à 600 au maximum) favorisent un système où une certaine souplesse est accordée à l’organisation. Cela ne sera peut-être pas le cas chez nos voisins vaudois….. Pour mémoire l’enquête PISA démontre que la Finlande possède un cadre scolaire unique et que l’hétérogénéité des classes est la panacée. Certes, cela fonctionne chez nos amis nordiques mais leur situation géographique (par ex: une seule langue nationale) facilite un système hétérogène. N’essayons pas de faire un simple copié-collé, cela amènera forcément de grosses frustrations et désillusions. Le Valais va améliorer l’orientation au Secondaire I, mais ce qui est valable pour le Vieux-Pays ne l’est pas forcément pour les autres régions de Romandie. Garder nos spécificités cantonales tout en appliquant un plan d’étude commun, tel sera le défi de nos dirigeants politiques durant cette prochaine législature. |