| Si l’on désire la réussite de l’élève, rien n’est possible sans la confiance partagée et la coopération avec les familles. De même, avec les spécialistes en milieu scolaire (PPLS), seules la loyauté et la sincérité des échanges sont à même de participer à l’amélioration des compétences et de la sérénité des élèves-enfants. À force de répéter ces évidences, on va finir par fatiguer. Il n’empêche… Récemment, dans un établissement du Lavaux, des parents ont mené ce qu’il convient de nommer une « cabale » contre une collègue. Au final, cette vindicte a été avérée comme très largement injustifiée. Sur la Côte, ce sont d’autres familles qui dénoncent la « méchanceté » d’une enseignante. Ici, certains montent en première ligne et sans distance, en défense de leur enfant victime présomptive d’une école par principe jugée comme malveillante. Là, un couple met en cause telle démarche pédagogique jugée inadéquate. Certes, des collègues se drapent dans leur superbe. Que cette attitude, inadéquate et surtout inefficace, une fois documentée, soit dénoncée ou sanctionnée, rien de moins légitime. Cependant, au-delà de ces dérapages, il convient de réaffirmer que l’école - et les enseignants - doivent pouvoir protéger le champ de leurs compétences et de leurs pratiques. Dans la limite évidente de ce qui est imposé par les textes légaux et la déontologie. Dans ce cadre, les collègues doivent pouvoir compter sur l’appui du supérieur direct : le directeur d’établissement. Faut-il, au-delà, comme le prône l’Apé-Vaud une instance externe de médiation ? Nous ne sommes pas certain que rajouter une pièce aux organigrammes ne produise pas un nouvel et inutile étage. Dans un autre contexte, celui des PPLS, on assiste, ici ou là, à une autre difficulté : certains « spécialistes » se retranchent, de manière effarouchée, derrière le secret professionnel : ils génèrent en conséquence de la méfiance et entravent ainsi - de manière peut-être irréversible - la nécessaire convergence d’efficacité avec les enseignants. De plus, certaines familles revendiquent le fait que ce qui est entrepris en termes d’aide thérapeutique à l’enfant pourrait être tu à l’équipe d’enseignants. Que cette aide soit extérieure ou non à l’école. Ces pratiques sont incohérentes et surtout dangereuses. Elles mettent notamment en difficulté l’action des « réseaux », ces lieux d’échanges qui, bien que pleins de parole, restent menacés par la possible vacuité de conséquences concrètes pour l’élève, la classe et l’enseignant… Il n’y a pas d’alternative : Si l’école est un lieu d’action partagée au service de l’élève (et non pas d’abord de l’enfant), d’essence instructive, alors tous les acteurs qui entourent cet élève doivent pouvoir agir en confiance et hors de tout conflit de loyauté. C’était le sens qu’avait voulu donner le SESAF au document relatif à la transmission de l’information dans le domaine des PPLS. Papier dont on se demande s’il a été, à toutes, à tous et partout, simplement… transmis. Ces querelles de pouvoir et entre zones d’influence doivent cesser ; car l’enseignant, lui, est nu. On se réjouirait de connaître ce qu’il adviendrait s’il adressait aux parents une fin de non-recevoir à la coopération au prétexte du secret professionnel ou de fonction. S’il ne daignait offrir à la psychologue ou au logopédiste - ou aux enseignants spécialisés - sa connaissance du comportement scolaire ordinaire et du niveau de compétence de l’élève qu’il a signalé comme potentiellement en demande d’appui par d’autres professionnels. Il n’est pas d’équipe sans responsable. Il n’existe pas d’action conduite sans chef. À l’école, ce sont les enseignants qui sont en charge et en responsabilité première. Huit heures par jour. Ils ne sauraient perdre la main et doivent rester au centre du processus. Pour agir, ils doivent pouvoir être nantis de toutes les informations utiles. Sur ce plan, les parents qui ne jouent pas le jeu et les spécialistes qui développent des attitudes obligatoirement ressenties comme méprisantes doivent réfléchir aux graves conséquences que ces attitudes peuvent induire. |