Comme dans d’autres cantons romands, l’école neuchâteloise subit trop souvent une influence technocratique qui n’a rien de démocratique. Trop souvent, les cadres du département tentent ou prennent le pas sur les élus du peuple. Une tendance que n’a fait que renforcer une Conseillère d’Etat qui a exercé partiellement sa charge ; qui a habillé sa fonction plus qu’elle ne l’a habitée. Deux exemples actuels pour illustrer cette dérive. Un Accord DECS-syndicats d’enseignants a été approuvé par une majorité du Grand Conseil en décembre 2008. Sous couvert d’égalité de traitement, certains hauts fonctionnaires essaient d’éviter son application à la rentrée 2009 quant au rétablissement des décharges de français dans le secondaire II en voulant introduire la décharge dans une école où elle n’existait pas et en la limitant dans celles qui la connaissaient. Des technocrates sont prêts à contourner une décision de l’institution la plus légitime en démocratie, le parlement, pour imposer leur volonté. Le respect des règles du jeu démocratique devrait dicter une application stricte d’un document ayant reçu l’aval des représentant-e-s du peuple dès la rentrée 2009 avant de lancer de nouvelles négociations en vue de l’extension de certaines décharges ou de la modification de certains points d’application de l’Accord. L’introduction d’HarmoS dans le canton de Neuchâtel a été présentée par un responsable du département comme une addition de mesures techniques. Il n’en est rien: lorsqu’on touche aux structures de la scolarité, aux horaires et aux enseignements, la question est bien évidemment d’ordre politique. Mais le groupe de pilotage HarmoS, censé coordonner les travaux des différents groupes dans lesquels les syndicats d’enseignants sont parfois représentés, se compose de fonctionnaires du département et d’un représentant des communes qui n’est autre qu’un ancien inspecteur scolaire! Espérons que la nouvelle ou le nouveau Chef-fe de l’école neuchâteloise saura prendre la direction du chantier HarmoS en déterminant de véritables objectifs politiques à une réforme de l’école neuchâteloise qui pour le bien de notre canton devrait dépassement le simple ravalement de façade et faire passer nos institutions scolaires dans le XXI siècle : en abandonnant une sélection précoce, qui met trop d’enfants en échec et ne produit pas suffisamment de bons élèves, pour une voie plus formatrice et plus efficace. Une jeunesse bien formée est certainement le bien le plus précieux d’une société. On l’aura compris : l’école et la formation sont des affaires beaucoup trop sérieuses pour être laissées aux seules mains de mandarins. Elles méritent à mon avis plus d’attention de la part de nos représentant-e-s politiques. |