Lorsque les structures d’une communauté finissent par empêcher toute évolution, soit on les change, soit on refuse de progresser. L’avènement d’HarmoS devrait faciliter la première option. Petit à petit, canton par canton, le concept d’harmonisation scolaire a réussi à atteindre sa dimension minimale de fonctionnement. C’est-à-dire dix cantons. Il est à noter que dans le nôtre, l’opposition à cet avancement a réussi à faire aboutir un referendum. J’ai toujours l’impression (et je sais que je ne suis de loin pas le seul !) que lorsque, dans notre pays, on parle de progrès social ou scolaire, il se produit systématiquement une levée de boucliers non négligeable. Lorsqu’il s’agit de s’associer entre deux ou plusieurs communes ou cantons, on a l’impression qu’une peur s’installe… La peur du voisin qui est un tout petit peu différent et qui pourrait éventuellement nous pousser à nous remettre en question. Ou alors la peur de devoir passer davantage à la caisse du fisc. C’est d’ailleurs cet argument qui a fait capoter un grand nombre de fusions de communes ! Et du coup, on se justifie en faisant valoir la sacro-sainte, mais tellement obsolète autonomie communale ou cantonale. J’ai toujours l’impression que dans notre pays, certains partis politiques ont intérêt à diviser, à compartimenter au maximum… Serait-ce peut-être pour mieux régner… Il y a toujours quelque chose qui me stupéfie. C’est l’esprit mouton et totalement immature d’une majorité de la population. Il suffit d’agiter un petit signal de danger pour que tout projet de développement valable soit voué à l’échec. La majorité du peuple suisse n’a plus l’esprit aventurier. Elle se complaît dans un confort qu’elle imagine probablement perpétuel et n’arrive plus à se projeter dans l’avenir, ni à se remettre en question. Chaque canton fait sa petite cuisine (ou joue à la dînette !) dans tous les secteurs (fiscalité, police, justice, etc.) et tient à garder toutes ses spécificités. Quitte à ce que chaque système administratif cantonal engloutisse une fortune… qu’il serait pourtant possible d’investir de manière plus valable ! Mais voilà, dans chaque recoin de nos cantons, il y des enjeux et des intérêts qu’on ne veut pas dévoiler, mais qu’on doit à tout prix conserver ! Cependant, dans le secteur scolaire, des gens éclairés ont réussi à créer un projet d’harmonisation. On a essayé par des moyens démocratiques, il est vrai, mais à mes yeux parfois très discutables de l’éteindre… Pourtant HarmoS vivra, c’est une certitude. Il reste à espérer que son fonctionnement pourra convaincre les récalcitrants de s’y joindre petit à petit. Est-il possible d’espérer en années et non en décennies ? |