Des nouvelles salariales Vous n’êtes pas sans savoir que dans le canton de Berne, à l’inverse de nos collègues romands, les enseignants n’ont aucun droit à une progression salariale. Cela signifie que le Grand Conseil décide chaque année, dans le cadre de la votation sur le prochain budget, d’une éventuelle augmentation de la masse salariale. Pour 2009, le SEJB a exigé une pleine compensation du renchérissement (actuellement estimé à 2,6%), ainsi qu’une réelle augmentation des salaires de 1,5%, soit 2 échelons. Le Conseil Exécutif fait la proposition suivante au Grand Conseil : 2,3% d’augmentation, ainsi qu’une augmentation rétroactive de 0,5% dès août 2008. Nul besoin d’être un Einstein en herbe pour constater que nos revendications ne sont pas satisfaites ! Un petit rappel utile La nouvelle loi (LES) avait été combattue par référendum. Malheureusement, si le Jura Bernois l’avait accepté, ce dernier avait été rejeté par la majorité cantonale à 55%. Le SEJB avait déjà insisté sur le danger réel pour le canton d’être un employeur peu attractif, au moment même où les nouveaux enseignants sont au bénéfice d’une formation reconnue au niveau fédéral. Après quelques années de praticabilité du nouveau système, force est de constater que les promesses sont devenues des chimères ! Dans la brochure d’information, les partisans de la loi révisée affirmaient « Le nouveau système permet de trouver un équilibre entre les finances cantonales et l’attractivité des professions de l’enseignement. », mais aussi « Le canton reste un bon employeur pour le corps enseignant. Les enseignantes et enseignants continuent de bénéficier d’une progression des salaires. » Explication de texte ! Si nous sommes prêts à reconnaître qu’il faut trouver un équilibre entre une saine gestion des finances cantonales et l’attractivité de notre profession, encore faudrait-il s’accorder sur le sens du mot « équilibre » ! Depuis 10 ans, le canton de Berne finit dans les chiffres noirs. D’autre part, celui-ci a également bénéficié un important versement de la Banque Nationale. Enfin, le canton a dû faire face à des situations de crises (inondations), pour lesquelles il a trouvé les ressources financières. Et nous dans tout ça ? Des « cacahuètes » ! Dans l’ancien système, les jeunes enseignants bénéficiaient d’une augmentation annuelle de près de 3%, ainsi que de la pleine compensation du renchérissement. Or, si nous reprenons les 2 dernières années qui financièrement ont été particulièrement bonnes, nous n’avons obtenu que 1,5% ! Selon les partis bourgeois essentiellement, les députés sont à même de « diriger » l’évolution des salaires tout en restant un bon employeur. Devinette Lorsque l’économie va très bien, les salaires s’élèvent. Par contre, en situation difficile, ceux-ci stagnent. En 2010 – après les compte 2009 qui seront mauvais – quelle sera l’augmentation accordée aux enseignants ? Les clichés ont la vie dure ! La plupart des citoyens, donc aussi des enseignants, pensent que le canton de Berne est généreux en matière salariale. Si tel était le cas il y a encore 10 ans, la situation n’est plus du tout pareille aujourd’hui ! Une rapide comparaison avec nos collègues Neuchâtelois et Jurassiens démontre le contraire (cf. site SEJB – comparaison salariale)! Si votre premier salaire est plus élevé chez nous, 3 ans plus tard, les collègues nous ont déjà rattrapés. Et 8 ans plus tard, la différence négative s’élève à près de 1000.- frs ! En clair, un enseignant débute sa carrière à 25 ans, et à 33 ans, il est perdant de 1000.- ! Or, c’est justement à cette période que les besoins financiers deviennent importants avec l’éventuelle fondation d’une famille, voire l’achat d’un bien immobilier. Mesdames et Messieurs les Députés, est-ce là votre définition du « bon employeur » ? A l’heure où l’école doit affronter de profondes modifications avec la mise en place de l’intégration, de l’école à journée continue, des horaires blocs et du nouveau plan d’études romand (PER), la motivation des principaux acteurs des changements ne serait-elle pas accrue, avec une réelle progression salariale ? Peter Gasser, coprésident SEJB |