ENFIN !
Vaud - 21/11/2008

Après plus de 35 ans d’attente, de résolutions, d’interpellations, de lutte et de guérilla, l’accord signé le 3 novembre 2008 entre la Fédération des Sociétés de fonctionnaires (FSF) et le Conseil d’Etat assure la revalorisation de la fonction d’enseignant généraliste.

C’est une victoire pour les instit’s de ce canton.

Pourtant, et singulièrement, plus que jamais il convient de lutter pour l’image et le statut des enseignants du primaire.

Dans un contexte dans lequel les pesées d’intérêt ont été difficiles, la SPV a travaillé, au sein de la FSF, afin que, non seulement, soit confirmée la volonté de l’employeur de revaloriser les salaires des généralistes, mais aussi que cette amélioration touche peu ou prou l’ensemble des collègues concernés. Ainsi, avec près de 10'000 francs annuels supplémentaires (près de 300'000 sur une carrière), les institutrices, instituteurs, et enseignants du Cin se situent désormais dans une moyenne helvétique. Certes, on ne touche pas encore au Paradis, mais le primaire vaudois ne représente plus le honteux mouton noir du paysage salarial des instit’s de notre pays.

Néanmoins, s’endormir sur ces frais lauriers constituerait une faute majeure.

D’abord, rien ne permet de justifier que ce qui a été gagné pour le secondaire I et II, à savoir la déclinaison sur deux paliers de la carrière, moyennant l’exécution de tâches particulières, ne saurait rapidement s’étendre au primaire. Si, par exemple, la qualité de praticien-formateur au secondaire permettait de « gagner une classe », ceci devra également être obtenu au plus vite pour les enseignants du primaire.

Ensuite, devant la hausse des exigences du plan d’études, chacun comprend que des enseignants spécialistes ou de discipline spéciale - ainsi que des enseignants spécialisés dans le cadre de la politique d’intégration - devront de plus en plus souvent intervenir au primaire. C’est d’ailleurs ce que revendique une résolution de la SPV de 2007.

En revanche, personne ne pourra longtemps militer sans une solide argumentation pour que, notamment, l’enseignant d’anglais, de dessin ou en ACT puisse être mieux rémunéré que le collègue « ordinaire » du primaire, ce dernier, spécialiste de l’enseignement général et intégrateur de la pluridisciplinarité, qui enseigne le français et les mathématiques et assure le lien quotidien avec les familles ou les « logos » et les « psychos » qui traitent les élèves dont il est responsable en première ligne.

La question des statuts salariaux respectifs de celles et ceux qui enseigneront notamment aux futurs degrés 7 et 8 sous le régime Harmos (actuel Cycle de transition) reste donc fondamentale.

De même que celle du nombre de périodes respectivement enseignées hebdomadairement par les généralistes, spécialistes ou enseignants de discipline spéciale.

Cette réflexion se déployant par ailleurs dans un contexte où il s’agit également de gagner pour tous la période de décharge pour tâches administratives. Et d’en préserver l’existence pour celles et ceux qui en bénéficient à l’heure actuelle…

Enfin, après une période transitoire, le statut des généralistes de l’actuel Cycle initial et de ceux qui professent à l’actuel primaire devront être réellement unifiés… !

Toutes et tous doivent donc dorénavant comprendre que, sans un volume de formation identique, jamais les généralistes du primaire, les enseignants de discipline spéciale, les enseignants spécialisés et les spécialistes du secondaire I ne pourront espérer être considérés sous le même angle salarial.

Du côté des HEP, on prépare des « masters » consécutifs au « bachelor » de généraliste. On concocte par ailleurs une dichotomie de formation pour les enseignants du primaire, selon qu’ils s’orientent vers les premiers degrés ou vers les années subséquentes. Enfin, on imagine deux colorations de diplômes basées sur des groupes de disciplines distinctes… Fort bien. Nous restons néanmoins persuadés que ces approches restent des pis-aller et que seul le « master » pour tous est capable de conduire les généralistes à sortir par le haut de la situation qui continue à les enfermer dans la plus basse couche sociale du monde de l’enseignement.

Sur ces questions, des batailles sont à mener. Et des équilibres à trouver à l’interne des associations de la SPV.

Ce ne sera pas facile. À l’instar de ce qui a été recherché dans le chantier DECFO-SYSREM, la solidarité ne devra pas être un vain mot.

 
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