En haut lieu, on prétend que la crise économique n'est qu'une affaire de mois. Mais pourquoi donc la Confédération pénalise-t-elle d'emblée les rendements du deuxième pilier ? Où sont les intérêts et quels en sont les enjeux ? Nul besoin de vous rappeler toutes les douloureuses et catastrophiques péripéties vécues par notre caisse de retraite. Nous avons tous en mémoire les conséquences négatives sur nos actuelles cotisations et nos futures retraites qui ont suivi la monumentale débâcle de la CACEB. La catastrophe est passée, mais les assurés, qui en sont les victimes, continuent de casquer. Nous les actifs, nous le ressentons, de même d'ailleurs que les retraités. Eh bien, ce n'est pas fini ! Les médias ont largement diffusé l'information : le rendement du deuxième pilier va encore baisser. Cette mesure, tel un méchant coup de froid, venant de la Confédération, va naturellement toucher toutes les travailleuses et tous les travailleurs de notre pays. Et pour nous, enseignants bernois, ça ne fera qu'un caillou de plus dans un sac d'école qui est déjà tellement lourd ! Le premier fautif qu'on va pointer du doigt, c'est naturellement la crise économique. Pourtant, à mes yeux, ce n'est pas tout. Sitôt qu'une difficulté apparaît dans la finance ou l'économie, nos dirigeants s'empressent de la répercuter sur la masse du peuple. Cette masse silencieuse, qui de toute façon ne fera pas trop de vagues. Quand je cite nos dirigeants, je ne pense pas uniquement à l'exécutif fédéral, mais également au législatif. Combien de parlementaires fédéraux siègent à Berne pour défendre les intérêts de la médecine et de ses industries pharmaceutiques ? Combien d'autres sont là pour veiller au bien-être des financiers, banquiers et autres assureurs ? Bien entendu, on dit que chaque pays a le parlement qu'il mérite. Pourtant, il est prouvé que celui-ci est financé dans ses campagnes électorales par les deux grandes banques du pays, lesquelles viennent de se voir octroyer quelques milliards ! Et on prétend que la Suisse fait partie des pays les moins corrompus ? Il est également notoire que certains membres du gouvernement fédéral copinent étroitement avec les milieux que je viens de citer. On peut facilement en déduire que les choses ne vont pas changer de si tôt. A moins que… Imaginons un instant que les électrices et électeurs de notre pays décident de ne pas céder aux millions des campagnes électorales et qu'ils votent à gauche. Imaginons que les citoyennes et citoyens helvétiques en aient vraiment marre un jour et qu'ils se mettent par exemple à bloquer nos autoroutes, ou qu'ils deviennent très imaginatifs pour faire que la belle machine se grippe. D'ici là, il y a pourtant bien des chances que ce nouveau coup de froid sur nos retraites grippe sérieusement notre santé ! |