La coordination des syndicats de la fonction publique jurassienne (CDS) et le Gouvernement jurassien ont trouvé un terrain d’entente concernant les deux principales mesures d’assainissement touchant les employés de l’Etat. Le Gouvernement doit encore, avant le passage de l’objet au Parlement, se prononcer formellement sur une revendication des syndicats. La première mesure touche le personnel administratif. Le Gouvernement propose de faire passer le temps de travail hebdomadaire de 42 à 40 heures, avec une diminution des salaires de 2,38%, équivalente à 1 heure de travail. Initialement prévue pour 2010, les syndicats sont entrés en matière pour qu’elle soit introduite en 2009 déjà. La raison principale est que le renchérissement prévisible, dont le versement intégral est garanti par le Gouvernement, compensera en grande partie, voire entièrement la baisse salariale. Dans tous les cas, le salaire actuel est garanti jusqu’à ce que le renchérissement cumulé atteigne les 2,38%. La CDS a cependant revendiqué qu’une commission paritaire Etat/CDS soit constituée pour assurer le suivi de l’application de la mesure. Il s’agit de vérifier que celle-ci n’implique pas une intensification du travail des fonctionnaires (faire la même chose en moins de temps et en étant moins à travailler). Cette commission devra signaler au Gouvernement les services dans lesquels cette intensification du travail pose problème. Le Gouvernement prendra les décisions politiques permettant de corriger les dysfonctionnements constatés par la commission. Le rôle et les moyens d’action de la commission seront présentés à l’ensemble de la fonction publique. Pour ce qui touche à l’enseignement, la suppression d’une leçon d’allègement dès 50 ans devait rapporter 1,15 millions par année, avec introduction au 1er août 2009. D’emblée, le SEJ a fait savoir qu’il n’était pas favorable à la mesure telle qu’elle et qu’il allait proposer des solutions différentes permettant d’atteindre les économies souhaitées. Nous nous sommes attachés à défendre deux principes : la pénibilité de la profession enseignante justifie ces deux leçons d’allègement ; des emplois sont mis en danger par la proposition gouvernementale, il faut donc en atténuer les effets. Dans son travail de réflexion, le SEJ a constaté aussi que deux pratiques en cours méritaient d’être révisées. La première est que l’allègement est véritablement utilisé par les enseignants à temps complet. Pour les enseignants à temps partiel, arrivés à 50 ans, il est fréquent de constater que la règle légale en vigueur n’implique pas une décharge horaire, mais une augmentation salariale, sans qu’un choix véritable soit fait par les intéressés d’ailleurs. La seconde pratique méritant d’être étudiée, est que trois classes de traitement sur quinze bénéficient d’une dernière annuité double. Pour les autres classes, cette annuité est simple. Après plusieurs séances de préparation, le SEJ a pu s’appuyer sur un Congrès extraordinaire qui a entériné à une majorité quasi soviétique (merci de ne pas sourire)la proposition qui suit, faite au Gouvernement : 1. Maintien de l’allègement de 2 leçons (78 annuellement) pour les temps complets. Attribution d’un allègement proportionnel au taux d’activité pour les enseignants occupés à 25% au moins. Introduction au 1er août 2009. 2. L’échelle de salaire E est réduite de 0,75% au 1er janvier 2009. 3. Pour les classes de traitement E 6, 7 et 8, la 11e annuité devient simple dès le 1er janvier 2009. La réduction prévue au point 2 n’est pas appliquée à ces classes. Forte de ces propositions qui permettent à l’Etat de réaliser des économies plus rapidement que prévu (janvier 2009 au lieu de août 2009 et janvier 2009), plus importantes qu’escomptées (gain pour l’Etat de l’ordre de 2 à 3 millions pour la seule année 2009) et plus durables que celles proposées par le Gouvernement (car ne dépendant pas de l’âge des employés de l’Etat), la CDS a demandé au Gouvernement que s’ouvre des négociations en vue de revaloriser globalement les salaires de la fonction publique lorsque les 49 autres mesures annoncées produiront également leurs effets. Aucun évanouissement spontané ne s’étant produit chez les membres de la délégation de l’Etat, nous pouvons espérer que la porte ne se refermera pas sur nos doigts. |