L’Assemblée générale extraordinaire du 30 septembre a suivi la recommandation du comité. La prise de position de la SPG pour la votation du 30 novembre est donc : NON à l’initiative de Réel (IN 134) ; OUI au contreprojet (PL 10176). Cela n’avait rien d’évident et mérite quelques explications. Cette votation sur l’avenir du cycle d’orientation ne connaît aucun précédent et s’annonce compliquée à bien des égards. Jamais le peuple n’a été amené à se prononcer sur deux initiatives portant sur le même objet. C’est pourquoi il votera d’abord sur l’initiative 134 « Pour un cycle qui oriente » et son contreprojet en novembre, et ensuite, au printemps 2009, sur celle de la Coordination Enseignement « S’organiser contre l’échec scolaire et garantir une formation pour tous les jeunes » (IN 138). Il y aussi fort à parier que la population peinera à comprendre les enjeux, voire à s’intéresser à des débats où chaque partie pourra sembler défendre des principes identiques (par exemple : retarder la sélection) mais en accusant l’autre de prôner le contraire. Et ce n’est pas la lecture des articles de loi proposés qui apportent une vraie clarification. Nous sommes à l’évidence loin de la petite initiative simpliste du 24 septembre 2006 (IN 121) qui tenait en trois lignes… Une priorité : éliminer l’IN 134 Nous ne le dirons jamais assez, l’initiative de Réel est dangereuse, méprisante vis-à-vis du primaire et doit perdre à tout prix. Imaginer que, dès le départ, suivant leurs résultats en sixième, des élèves feront leur cycle en quatre ans et que cette année supplémentaire servira à combler toutes les lacunes en dit long sur le peu de considération qu’ont les Réeliens pour le niveau d’enseignement qui précède et sur leur propre suffisance aussi. Mais ce sont surtout les élèves qui paieraient cher cette manière absurde de perpétuer l’échec en les étiquetant de la sorte. L’étanchéité relative entre les six ( !) sections dès la huitième, où il ne serait possible de bifurquer que vers les filières moins exigeantes, comme si les élèves ne pouvaient progresser au-delà d’un niveau prédéterminé, est aussi révélatrice de la vision fataliste et hyper sélective des initiants. Idem pour la conception passéiste des classes relais poubelles que promeut l’IN 134. Le NON s’imposait donc. Mais fallait-il pour autant dire OUI au contreprojet ? La SPG, auditionnée par la commission de l’enseignement (20 février 2008) avait d’abord condamné le projet de loi concocté par le département. Le retour aux trois sections d’antan (latine-scientifique / moderne / générale) rebaptisées « Scientifique-littéraire », « Langues vivantes et communication » et « Communication et technologies », en remplacement des niveaux A et B (et C) n’avait rien d’affriolant. Le PL 10176 a toutefois été remanié depuis et, s’il ne constitue toujours pas une solution acceptable en soi, notre analyse nous pousse d’une part à estimer que le système de passerelles où de véritables moyens seront offerts aux élèves pour évoluer, grâce à une aide individuelle, dans les différents niveaux suivant leur motivation est intéressant et, d’autre part, que sa réalisation, si d’aventure il l’emportait, permettrait des ajustements en cours de route (alors que l’IN 134 est simplement irréaliste rien que du point de vue de sa mise en place). Un objectif : défendre notre initiative contre l’échec scolaire Le message donné par la SPG est donc que l’on ne peut pas mettre sur le même plan l’IN 134 et le PL 10176, et qu’il convient de supprimer d’entrée de jeu celle qui est aberrante. La prise de position du syndicat ne doit toutefois pas faire oublier qu’une mobilisation importante en faveur de l’IN 138 doit avoir lieu, dès à présent. Quel que soit en fait le résultat du 30 novembre 2008 (il est difficile de faire l’hypothèse qu’un scénario serait plus favorable qu’un autre ; même un double NON pourrait difficilement être vu comme une chance d’obtenir un OUI quelques mois plus tard…), le combat sera rude pour faire aboutir le seul projet cohérent, qui prend en compte toute la scolarité obligatoire et davantage. Ce n’est pas un hasard si la SPG a récolté près de la moitié des signatures de l’IN 138 à l’époque, et ce n’est pas le moment de brader certains de nos idéaux. Nos adversaires auront ainsi beau jeu de rappeler que la septième hétérogène a déjà été refusée par le peuple. Mais cela remonte quand même à huit ans (4 mars 2001), dans un contexte très différent ; il faudra mesurer l’évolution des mentalités, même sur une période aussi courte, et garder espoir. Car le pari d’éducabilité est valable pour tous, non ? |