Les directrices/teurs d’établissement (DIR-E) entreront en fonction en août 2008 ; c’est ce qui est prévu. Nous l’avons déjà dit, un moratoire ou un retour à l’ancien système n’aurait pas de sens. Le syndicat n’entend donc pas réduire à zéro trois ans de négociations mais est obligé, une fois de plus, d’exposer certains manquements. A prendre comme le verre à moitié vide… Un scénario sans arrêt modifiéLe regroupement des 164 écoles actuelles en 94 établissements avait enfin, après moult séances du groupe technique, été validé par la commission ad hoc le 1er février 2008. Mais la direction a annoncé tout de go, le 19 mars, que le nombre diminuait à 91. Puis ce scénario, à peine connu, a dû être retouché à cause de certaines aberrations. Des établissements mammouthsEn multipliant les regroupements de plus de 24 classes, la direction réalise des économies certaines sur les postes mais ne respecte pas le principe retenu par les partenaires qui veut qu’un bâtiment de 16 classes et 320 élèves constitue la taille normale d’un établissement primaire. Une réorganisation du spécialisé à la traîneLe syndicat avait donné toutes les alertes possibles et imaginables pour que l’enseignement spécialisé, avec ses quelque 1'200 élèves et 400 collègues, ne soit pas traité par-dessus la jambe. Le département a toutefois joué la montre tant qu’il a pu et va maintenant, dans la précipitation, proposer un bricolage provisoire, forcément insatisfaisant. Des pseudo-directions régionalesCinq régions, comme maintenant, par économie de réflexion et de moyens et aucun appel d’offre pour les postes de directeurs de région vu qu’à nouveau, on se contentera de l’existant. En fait de décentralisation c’est une chape de plomb qui se met en place au-dessus de nos têtes, avec une direction générale qui cumulera les fonctions (responsabilité d’un dicastère et d’une région). Des équipes de direction minimalesLe primaire ne déroge pas à la règle de voir petit et les maîtres-adjoints, aptes à seconder les DIR-E, sont prévus en portion congrue (à peine 8 postes), ridicule par rapport au cycle d’orientation (CO). Un observatoire myopeRattachée au secrétariat général, sans vraie permanence, cette instance réclamée durant des années et enfin obtenue ne semble pas conçue pour apporter autre chose qu’une évaluation minimale du nouveau système. Eloigné et réuni sporadiquement, l’observatoire aura de la peine à être considéré comme une ressource par les équipes. Une information des acteurs inexistanteL’impression que seule l’association professionnelle s’est préoccupée d’informer le corps enseignant domine ; le défaut de communication du DIP n’est pas propre à rétablir la confiance. Une politique à l’égard des MS sans lendemainLes engagements massifs de maîtres spécialistes (MS), leur ancrage dans les bâtiments, etc. sont restés de vaines promesses. Et il faudrait se réjouir d’un statu quo sur les postes (196), dont l’insuffisance n’a eu de cesse d’être dénoncée précédemment ! Aucun garde-fou contre l’autoritarisme« Je ne veux pas de petits chefs ! » a répété à plusieurs reprises le grand chef… Difficile toutefois de savoir comment les équipes pourront participer à l’évaluation du DIR-E et se faire entendre en cas de dérive autoritaire. Extinction du centre de formation (CeFEP)Prévoir seulement 40 postes (-10) de formateurs à ce moment crucial n’est pas raisonnable, notamment pour accompagner les changements, et signifie une baisse de l’offre. Des variables TIT-GNT-MS non négociéesLe taux d’encadrement à 17 au maximum (nb d’élèves/nb postes enseignants) représente une ligne rouge à ne pas franchir et non un objectif. Le nombre de généralistes, titulaires ou non et de MS devait être négocié entre la SPG et la direction. Cette dernière a préféré décider seule. Une DGEO aux calendes grecques ?Le projet d’une direction générale de l’enseignement obligatoire (DGEO), unique, n’a pas avancé d’un iota. La cohérence entre le primaire et le CO devra attendre… Bref, la carence de pilotage est criante et n’a pas à être tue. Cependant, cette liste en douze points, sans ordre particulier et incomplète, n’a pas vocation à torpiller la nouvelle organisation. Tout n’est pas noir ; demain, nous parlerons du positif, du verre à moitié plein, en espérant qu’il y aura encore quelque chose à en dire… Olivier Baud Président de la SPG |