MS : une négociation laborieuse…
Genève - 28/03/2008

Une avancée syndicale importante pour les conditions de travail et les prestations aux élèves a été réalisée le 5 mars 2008. En effet, il était nécessaire d'obtenir une répartition des postes de maîtres-ses spécialistes (MS) cohérente pour la rentrée 2008, que le "redéploiement" se fasse sur 26 périodes et non sur 28. Pourquoi ?

Les MS en arts visuels, éducation musicale et physique ont obtenu la garantie que leur charge d'enseignement serait de 26 périodes au maximum (pour un 100%). Pourtant, la direction entendait quand même attribuer les ressources MS dans les établissements en se calquant sur la base des 28 périodes de l’horaire de l’écolier, sans se préoccuper du décalage avec la charge de travail face aux élèves des enseignant-e-s de disciplines spéciales. Les écoles auraient ainsi dû se débrouiller avec des moyens insuffisants et désigner les classes privées de cours dispensés par un-e MS. Avec tous les conflits de conscience et autres qu'il est aisé d'imaginer.

Comme des noix sur un bâton

La direction faisait un calcul très simple. Si, par exemple (ce qui est prévu à moyen terme mais ne pourra être tenu à la rentrée 2008), toutes les classes de la division moyenne ont 2 périodes hebdomadaires d'éducation physique données par un MS, 13 classes recevront cette prestation (13 x 2 périodes = 26, soit un poste à 100%). Avec 819 classes en division moyenne (3P à 6P) à la rentrée 2008 (hypothèse plausible), cela correspond à 63 postes MS éducation physique pour honorer uniquement ces 2 périodes par semaine (819/13 = 63). Mais si on prétend que ce seront 14 classes qui profiteront de ces 2 périodes (alors que l'on sait parfaitement que seules 13 classes les recevront), 58,5 postes MS suffisent (819/14 = 58,5), d'où une (fausse) économie de 4,5 postes, rien que pour cette prestation. Avec ce genre de raisonnement, appliqué aux trois catégories de MS, la direction prévoyait "d'économiser" jusqu'à 15 postes. Ainsi, sans diminuer le nombre total des postes MS, elle pouvait se féliciter d'une offre apparemment plus étendue des prestations offertes aux élèves, alors que dans la réalité aucun gain significatif n'aurait été fourni. D'autres « aguillages » du même type liés à cette manière erronée de calculer auraient mis des pressions diverses sur tout le corps enseignant.

Après de nombreux échanges à ce sujet, la SPG est revenue en séance de la commission de pédagogie-gestion du 28 février pour défendre encore une fois un redéploiement sur 26 périodes, mais a essuyé un nouveau refus. Le conseil représentatif (CR) qui se réunissait le même jour a été saisi de la question et, à l’unanimité, a adopté une résolution-pétition sans concession. Le CR a toutefois souhaité que tout soit fait pour que d’ultimes négociations aient lieu avant toute diffusion du texte. Le comité s’y est donc attelé et la position ferme du CR a porté. Le courrier du secrétaire général du DIP[1], daté du 5 mars, confirme que notre revendication était sensée. Ce rétablissement de situation, obtenu après bien des échanges écrits et oraux (plus une négociation en continu au plus haut niveau entre le 28 février et le 5 mars), est heureux.

Une politique hasardeuse

Toutefois, les promesses du conseiller d'Etat en charge du DIP faites à l'ensemble des MS, le 3 avril 2007 en particulier, ne seront pas vraiment tenues, notamment en ce qui concerne les postes supplémentaires. C'est une réalité que l’on nous met maintenant sous le nez, en nous disant que le budget 2008 est ce qu'il est et qu'il faut bien faire avec (chanson connue). Cette mise devant le fait accompli, contraire aux garanties données, est contestée. D'autres enjeux et préoccupations importants sont discutés tels que l'avenir de "Les Arts et l'enfant", l'enseignement en demi-classe ou classe entière, la présence du titulaire ou non aux cours donnés par les MS, les prestations pour la division élémentaire, les commissions régionales artistiques, la formation des MS, etc. et les autres aspects corollaires tels que l'appui aux élèves en difficulté, les postes GNT, le taux d'encadrement, etc. Autant arrêter la liste là vu que tout, pour finir, ou presque, remonte à la concertation qui a lieu dans les innombrables groupes techniques qui, eux-mêmes, rendent compte à la commission faîtière du fonctionnement qui statue et valide, le cas échéant ; à suivre sans relâche, donc.

Olivier Baud
Président SPG


[1] Lettre disponible sur le site www.spg-syndicat.ch

 
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