Adieu, maîtres principaux, responsables d’école et inspecteurs, vos heures paraissent comptées... Mais qui est-ce qu’on assassine vraiment ? Et que vient faire la proposition incongrue d’un moratoire[1] sur l’évolution des structures du primaire ? La fonction de responsable d’école (RE) n’aura jamais réussi à s’imposer aux yeux de tous. Créée dans la douleur en 2002, elle n’aura duré que 6 ans, pour autant qu’elle ait encore un sens aujourd’hui. C’est dommage. Le RE, fruit de l’évolution de la fonction de coordinateur durant la phase d’exploration de la rénovation méritait mieux qu’un rôle de transition, sans réel aboutissement. Les tergiversations sur le principe de coresponsabilité et le refus d’inscrire les postes de RE dans le budget ont dès le début sapé l’espoir d’instaurer un fonctionnement efficace, qui aurait valorisé l’intelligence au travail. Les incessantes attaques contre la rénovation ont achevé d’enlever à cette fonction son attractivité et son sens. A tel point que maintenant la hiérarchie ne fait plus la différence entre un RE et un-e maître-sse principale (MP). Doux mélanges Avec un canevas de projet d’école identique, les tâches dévolues aux MP par les inspecteurs ressemblent de plus en plus à celles contenues dans le cahier des charges des RE. Mais les MP ne bénéficient pas de décharges comparables à celles des RE. Situation injuste, qui serait amoindrie si davantage d’écoles étaient entrées en projet au moment voulu, comme la SPG les y encourageait. Il faut toutefois se souvenir que la direction a supprimé cette possibilité en 2006, enlevant ainsi aux équipes le droit à disposer d’un RE et de modalités de travail plus favorables, au niveau de la formation notamment. Abandonner en 2007 les plans de travail au profit d’un nouveau modèle de projet valable pour tous se comprenait. Mais faire persister une inégalité flagrante de moyens ne se justifie pas. Encore une demi-mesure qui n’atténue pas les incohérences du primaire. Des moyens absents, des conditions de travail détériorées et une confusion des rôles ; des RE qui ne savent plus à quel projet se vouer et des MP censés en assurer le suivi alors qu’ils n’ont rien demandé : voilà grosso modo le tableau. Bref, il ne s’agit pas de se noyer dans les regrets sur ce qu’aurait pu ou aurait dû devenir la fonction de responsable d’école, mais de faire le constat que l’opacité ambiante est toujours aussi consternante. Un système arrivé au bout du bout… L’essentiel est dit pour comprendre que l’idée saugrenue de demander un moratoire au sujet de l’instauration des directions d’établissement, et faire ainsi perdurer la situation insatisfaisante que connaît l’école primaire à ce jour, ne peut provenir que de milieux qui n’entendent pas grand-chose à l’éducation et ne saisissent rien du marasme actuel. La mise en place de directrices/teurs ne sera pas la solution miracle. La SPG privilégiait un autre modèle, moins hiérarchique et moins coûteux par ailleurs, celui d’un vrai responsable d’école, avec de réelles responsabilités, sans chef au-dessus de lui prêt à casser les décisions prises au nom de l’équipe. Le syndicat aurait aussi préféré que le terrain soit mieux préparé à ces changements. En effet, si l’enseignement primaire a besoin d’être restructuré, l’implantation des directrices/teurs n’était peut-être pas la première action à réaliser. Balancer une poignée de glands sur une surface de béton surchauffé ne suffira pas à faire surgir une forêt de chênes protecteurs, quel que soit le besoin d’un havre de fraîcheur qui motive ce geste. Toutefois, si l’écueil des petits chefs arrive à être évité au maximum, peut-être que cette nouvelle hiérarchie pourra assurer un début de cohérence du système. Cependant, la mise en place de directions d’établissement dès la rentrée 2008 ne devrait pas avoir un caractère inéluctable. Des conditions de réussite devront être remplies d’ici peu. Il faudra les mesurer et aviser suivant le résultat. Mais, quoi qu’il advienne, l’idée d’un statu quo qui prolongerait l’imbroglio actuel n’est pas envisageable.
[1] Projet de loi du MCG (PL 10171), soutenu par l’Arle |