Une convocation par la hiérarchie ne laisse en principe personne indifférent. Mais de là à savoir à quoi il faudrait s’attendre… Jusqu’à présent, les pratiques les plus diverses pouvaient être observées lorsque les inspecteurs ou le service des ressources humaines convoquaient un collègue. L’association professionnelle s’était plusieurs fois offusquée des méthodes employées et certaines règles tacites avaient été convenues depuis 3-4 ans. Malheureusement, ce laps de temps n’aura pas suffi à la hiérarchie directe pour les intégrer. Ces quelques cas de figure ont encore été constatés récemment : convocation signifiée à l’intéressé deux jours avant le rendez-vous prévu, parfois oralement, entre deux portes, ou par téléphone effectué par la secrétaire de l’inspecteur ; motif de l’entretien est inconnu ou absent de la lettre quand il y a un document écrit, les personnes qui assistent ne sont pas mentionnées ou annoncées, etc. Difficile de malmener davantage le personnel. Je ne prétends pas que ces pratiques regrettables aient lieu quotidiennement ni qu’elles soient sciemment utilisées mais il y a eu suffisamment de situations désastreuses, où il est ardu ensuite d’arriver à rétablir un dialogue constructif, pour qu’elles cessent. Le plus pathétique réside peut-être dans le fait que certains collègues ont cru parfois que si la hiérarchie désirait les rencontrer, ce n’était certes pas pour leur décerner les palmes académiques mais néanmoins pour valider leur travail et leur exprimer de la reconnaissance. De doux rêveurs penseront certains. Mais imaginons cependant leur désarroi quand, s’étant mis sur leur trente et un pour monter à la direction, ils se sont fait laminer par un tir de reproches qu’ils n’auraient jamais imaginé. Cette époque devrait être révolue grâce à la nouvelle loi sur le personnel de l’administration cantonale (LPAC) et le fait que le règlement fixant le statut du corps enseignant (B5 10.04) ait été modifié en conséquence. Entretien de service Il est clairement établi que l’entretien de service a pour objet les manquements aux devoirs de service. La convocation, écrite, doit parvenir 15 jours auparavant. Elle doit mentionner le motif précis, annoncer les personnes qui seront présentes et rappeler le droit d’être accompagné. Un compte rendu peut être demandé par une des parties. Ces deux derniers points sont extrêmement importants : combien de collègues ont-ils été piégés par des confirmations d’entretien établies sans prévenir, et qui sont parties directement à la direction ? Et je ne compte plus les fois où des enseignants sont venus me voir après coup en me disant que s’ils avaient su, jamais ils ne se seraient présentés seuls au rendez-vous… Certains avaient même subi l’intimidation habituelle : « Pourquoi faire appel à la SPG ? Ce n’est pas bon signe que vous y pensiez… », etc. Cette méconnaissance, forcément néfaste, du rôle du syndicat dans le soutien aux collègues et comme aide tout simplement pour résoudre les problématiques rencontrées devrait enfin s’estomper, il était temps ! Entretien périodique Le Conseil d’Etat entend développer une culture de l’évaluation. Quoi qu’on en pense, il faut bien avouer que le corps enseignant a jusqu’à présent bénéficié d’une paix relative, tant il est vrai que les inspecteurs sont obligés de surtout jouer les pompiers, sautant d’un feu à l’autre. L’entretien périodique devrait avoir lieu une fois tous les deux ans au minimum. Sa fonction est autant d’aborder le développement et le suivi de la carrière que les régulations et les formations qui pourraient être envisagées. Cette évaluation est un peu à double tranchant et répond davantage à une demande politique de contrôle du système qu’à une vraie valorisation des parcours professionnels. Le formulaire est à l’étude pour l’instant et la commission paritaire du statut le validera en temps voulu. Reste, point non négligeable, à trouver en suffisance le personnel compétent, formé à évaluer les nombreux subordonnés… Le droit de se faire accompagner par le syndicat lors de tout entretien avec la hiérarchie est réaffirmé grâce à la LPAC. Pour que cessent les pressions de toutes sortes, il faut intégrer ce réflexe, faire appel à l’association professionnelle, et enjoindre les collègues à procéder de même ! |