Il serait incongru que le contenu du document L’ECOLE OBLIGATOIRE à l’heure de l’harmonisation cantonale ne soit pas débattu sur le terrain, par exemple lors d’une journée pédagogique. Dès 1866, la Société pédagogique romande s’était fixé comme horizon d’obtenir une école harmonisée de Plan-les-Ouates au Val d’Hérens ou de Boncourt à La Neuveville… ! Tout vient à point à qui sait mouliner et répéter pour convaincre[1]: Sauf accident majeur - dont une toujours possible « rébellion » des parlements cantonaux - c’est à la concrétisation de cette idée-force majeure que l’on devrait enfin assister durant la prochaine décennie. Embellie obtenue par le haut: l’acceptation, en 2006, par le peuple suisse des articles constitutionnels qui formalisent la création d’un Espace suisse de la formation, sa déclinaison à travers le projet HarmoS et, sous nos latitudes, de la Convention scolaire romande, permettent d’entrevoir la réalisation de ce que défendait la SPR il y a plus de 140 ans ! L’école vaudoise - à l’exception notable de sa structure interne - se déclinera bientôt à la sauce romande, elle-même inscrite dans des orientations fédérales cohérentes. Un plan d’études commun dont l’atteinte des objectifs serait vérifiée par des épreuves romandes, une formation initiale, complémentaire et continue des enseignants et des cadres scolaires harmonisée, comme le serait bientôt l’ensemble des moyens d’enseignement… Il y là de quoi satisfaire les militants de l’« école romande ». Plus ! Une fois n’est pas coutume, ce côté-ci de la Sarine est en avance. Dans ce contexte enfin, on comprendra l’importance accrue que prend le SER et des liens établis avec nos camarades suisses alémaniques : ce n’est plus à Lausanne, Genève ou Delémont que se prendront désormais les grandes orientations de l’école, mais à Berne ou à Neuchâtel, siège de la Conférence romande des chefs de l’instruction publique (CIIP). La lecture des huit pages principales du document d’orientations[2] qui vient de parvenir à chaque enseignant vaudois est donc de première importance. Pourquoi ne pas faire plus et mieux ? Alors que les établissements cherchent parfois de quoi nourrir telle journée pédagogique, il serait pour le moins incongru que les contenus de l’école vaudoise à venir ne soient pas débattus sur le terrain. Reste la question de la structure et de l’organisation de l’école, pour lesquelles, comme l’indique le document précité, les cantons conservent leur pleine liberté et auxquels, notamment, rien n’est imposé sur le type de filières du degré secondaire. En1983, le 35e Congrès de la SPR était intitulé « L’école obligatoire et la sélection scolaire ». Les adhérents y affirmèrent la volonté d’atteindre les objectifs suivants: Promouvoir une école de la réussite où l’on aide les enfants les moins avancés en renonçant à une attitude sélective qui transforme leurs difficultés en échecs. Promouvoir toutes les mesures visant à lutter contre l’échec scolaire, entre autres par la limitation du nombre d’élèves par classe ou l’augmentation de l’encadrement pédagogique (équipes d’enseignants, appui intégré). Maintenir des classes hétérogènes le plus longtemps possible. Mettre en place, à l’intention des enfants en difficulté, des mesures diversifiées de prévention, de maintien, de formation et de réintégration. Abandonner le classement des élèves et les épreuves de passage et résoudre les problèmes de promotion en termes d’objectifs atteints ou non atteints, au rythme propre à chaque élève. Dans le document 26 mesures pour une école de la réussite, le Comité de la SPV a récemment ressuscité ces orientations qui datent maintenant de 25 ans. Fasse notre volonté que l’on puisse bientôt reconnaître qu’une fois encore la Société pédagogique romande, et la SPV en conséquence, avaient raison trop tôt ! Mais 140 ans, décidément, c’est trop long !
[1] 1er Congrès (1866) Y aurait-il avantage à ce que ces manuels fussent rédigés d’une manière uniforme dans les différents cantons de la Suisse française ?- 12e Congrès (1892) Quels points de la législation scolaire pourraient être communs à la Suisse romande ? Par quels moyens pourrait-on arriver à plus d’uniformité ? - 14e Congrès (1898) Etablissement d’un programme minimum pour les écoles primaires de la Suisse romande et autant que possible unification des moyens d’enseignement. - 20e Congrès (1920) De l’équivalence des brevets pédagogiques dans la Suisse romande - 30e Congrès (1962) Vers une école romande. [2] L’ECOLE OBLIGATOIRE à l’heure de l’harmonisation cantonale (©DGEO, article CADEV 103101) |