26 mesures pour une école de la réussite
Vaud - 04/10/2007

Le Comité de la SPV met un « modèle d’école » en consultation

Dans une école pacifiée, le Comité de la SPV désire mettre en place un débat pacifique. Il publie et met en consultation des propositions innovantes pour projeter l’école vaudoise vers de nouveaux succès.

En 2012, à la condition que les textes en soient ratifiés par le parlement cantonal, l’école vaudoise devrait avoir réalisé son inscription dans les grandes orientations fédérales et romandes.

Pour autant, la marge de manoeuvre reste large pour apporter à notre école les modifications utiles et nécessaires, d’une part à l’amélioration des compétences et connaissances de tous les élèves et, d’autre part, à celle des conditions-cadre offertes aux professionnels et aux établissements.

Avenir d’une école sélective organisée notamment en voies cloisonnées ; organisation du travail au sein des établissements et participation des enseignants aux prises de décision ; grille-horaire et temps scolaire dans le contexte de l’introduction de l’anglais en 5ème… Voilà quelques thèmes qui doivent être abordés sans tabou si l’on veut pouvoir apporter des solutions innovantes et dynamiques.

L’organisation du secondaire I vaudois est un enjeu clé, qui devrait animer les débats de la présente législature : loin d’être la révolution que certains se sont plu à décrire, la réforme de 1997, dite EVM, ne remettait pas en cause le principe selon lequel le fait de grouper les élèves en fonction de leurs compétences scolaires permettrait à ceux-ci de maximiser leurs potentiels. Bien au contraire, les voies du secondaire se voulaient mieux définies. Et l’orientation dans celles-ci mieux documentée. Las, contrairement aux attentes, cette approche a débouché sur un fort étiquetage des élèves et ne permet plus à chacun d’acquérir les connaissances utiles à son avenir de citoyen et de répondre aux exigences de la formation professionnelle.

Cette question a ressurgi lors de la campagne pour le renouvellement des autorités cantonales, opposant deux positions difficilement conciliables : D’un côté, les tenants d’une filière « unique » pour les degrés 7 à 9 ; de l’autre, celles et ceux qui désirent renforcer la sélection et « revaloriser la VSO », mais qui se gardent de propositions concrètes.

Depuis, deux postulats ont notamment été déposés au Grand Conseil : L’un proposant l’étude de la filière unique et l’autre militant pour une structure en deux voies dès la fin du 6ème  degré.

Depuis 150 ans, la SPV est une force de proposition. Elle a initié la création de l’enseignement spécialisé. Répondant aux attentes de l’époque, elle a été à l’origine de la création de la « prim’ sup’ » et des classes de division terminale, devenues classes de VSO.

Aujourd’hui, les exigences ont changé :  A la sortie de l’école obligatoire, tous les élèves doivent être dotés de connaissances et de compétences de haut niveau. C’est à cette exigence que l’école vaudoise doit répondre.

Le 13 septembre dernier, poursuivant le chemin tracé par ses prédécesseurs, le Comité de la SPV a rendu public un document proposant son « projet d’école », intitulé 26 mesures pour une école de la réussite . Il a adressé ce faisceau de propositions à l’ensemble du monde politique, scolaire, associatif et économique vaudois. Il y propose notamment une organisation nouvelle des degrés 7 à 9.

Dans une école pacifiée, le Comité de la SPV, à sa mesure, désire ainsi participer à la mise en place d’un débat pacifique. Sa démarche se veut ouverte, positive et pragmatique. On a vu ailleurs qu’agir à la hussarde, par voie d’initiative, par exemple, ne conduisait qu’à une crispation des positions et une guerre stérile.

Les 26 mesures proposées par le comité de la SPV peuvent et doivent être amendées. Il convient que tous s’en emparent et les disputent, afin qu’advienne, dans la concertation et acceptée par le plus grand nombre, une école plus juste et plus efficace : une école de la réussite.


 

Le 13 septembre 2007, le Comité cantonal de la SPV a mis en consultation le document suivant auprès de l’ensemble du monde politique, scolaire et associatif vaudois. On retrouve le texte d’orientation de ces propositions sur www.spv-vd.ch.

Une fois recueillies les réactions de ces milieux, et nourrie par celles-ci, le Comité de la SPV affinera ses propositions. Celles-ci seront débattues le 14 novembre, en une assemblée extraordinaire de la SPV.

 

26 mesures pour une école vaudoise de la réussite

 

Dans le but d’améliorer les compétences et les connaissances de tous les élèves, de réduire, dans l’exigence, les écarts de capacités entre ceux-ci en fin de scolarité obligatoire, et de faire se côtoyer les origines sociales et culturelles le plus longtemps possible, les grandes options suivantes orientent l’école obligatoire vaudoise.

 

STRUCTURE

  • Dès l’école enfantine, obligatoire, et jusqu’à l’issue de l’actuel 8ème degré (degré 10 selon Harmos), l’école vaudoise est organisée en classes hétérogènes sans différenciation structurelle (système dit en filière unique).

L’ensemble des élèves suit des cours en commun.

  • En tenant compte à la fois de la volonté et des compétences scolaires et personnelles des élèves, une orientation a lieu à l’issue de l’actuel 8ème degré.
  • L’actuel 9ème degré est organisé en deux voies qui conduisent respectivement à l’entrée dans une formation directement professionnalisante ou à des études de type académique.
  • Le redoublement doit rester une mesure exceptionnelle.
  • Sur préavis des enseignants concernés, les décisions relatives au parcours des élèves sont prises et assumées par la Direction de l’établissement scolaire.[1]
    •  La dotation horaire en français est consolidée. Cette dotation est renforcée pour les élèves dont le besoin en est manifeste. Notamment, aux actuels degrés 7 à 9, elle est au minimum de 6 périodes pour tous les élèves.
    • Aux actuels 7ème et 8ème degrés, des options spécifiques sont offertes à hauteur d’au maximum un cinquième de la dotation horaire.

·         Des cours obligatoires en activités manuelles, artisanales et artistiques sont offerts à tous les élèves jusqu’à l’issue de la scolarité obligatoire[2].

 

 

ORGANISATION DU TRAVAIL PEDAGOGIQUE

  • Afin de soutenir les apprentissages des élèves, la présence temporaire ou partielle d’un deuxième enseignant par classe est promue et soutenue.
  • Dès le début de la scolarité, les enseignants formés à l’enseignement spécialisé, les enseignants de discipline spéciale (musique, sports, arts visuels, travaux manuels et activités créatrices sur textile) et les enseignants spécialistes (langues étrangères, sciences, notamment) apportent leurs compétences particulières tant aux enseignants généralistes qu’aux élèves dont ils ont la charge.
  • Afin de tenir compte des compétences spécifiques à chacun-e des élèves, des groupes de besoin temporaires peuvent être mis sur pied[3].

 

CONDITIONS CADRE

·         Tout au long de l’école obligatoire, l’effectif normal d’une classe est de 18 élèves. Sont réservées les classes des 2 premières années de l’école obligatoire, à l’organisation particulière.

·         L’autonomie des établissements, inscrite dans un cadre cantonal, est conçue dans le seul but de répondre au plus près aux besoins spécifiques des populations scolaires locales.

·         Le respect de l’encadrement pédagogique (responsable de branches, animateurs de formation continue, par exemple) et celui des effectifs, ainsi que le développement de projets particuliers utiles à la réussite de tous les élèves, sont assurés par les moyens nécessaires. Le taux d’encadrement est renforcé.

·         Lorsque cela se justifie, des moyens supplémentaires peuvent être offerts à des populations scolaires spécifiques (fort taux de population issue de la migration, par exemple).

·         La gestion participative des enseignants aux choix opérés par l’établissement est développée. Son principe est inscrit dans la loi.

  • Chaque direction d’établissement scolaire est composée d’un directeur administratif et de deux co-directeurs, respectivement responsables de l’orientation pédagogique et de la gestion des ressources humaines. Ces fonctions pourraient remplacer celles des doyens actuels.
  • Afin d’assurer partout et en tout temps la qualité de l’enseignement, il est créé une fonction spécifique de remplaçant-e, formé-e spécifiquement et au statut spécifique reconnu.

 

TEMPS DE PRESENCE DES ELEVES[4]

  • Le nombre de périodes hebdomadaires suivies par les élèves s’élève à:

·          26 périodes aux degrés 1 et 2 (actuellement 23)

respectivement. Jusqu’à 16 au degré 1 et jusqu’à 26 au degré 2

·         28 périodes aux degrés 3 et 4 (actuellement 28)

·         30 périodes aux degrés 5 et 6 (actuellement 28)

·         32 périodes aux degrés 7 et 8 (actuellement 32)

·         33 périodes aux degrés 9 à 11 (actuellement 32 en VSO et VSG et 33 en VSB)

  • Jusqu’à la fin de l’école obligatoire, à l’exception du mercredi après-midi, ainsi que de l’organisation particulière des deux premiers degrés, tous les élèves sont scolarisés durant toutes les 9 demi-journées d’école.[5]

 

STATUT DE L’ENSEIGNANT

·         Dans le cadre de l’autonomie des établissements scolaires, le statut des enseignants reste cantonal. Il ne peut pas y être dérogé.

  • Il est établi un cahier des charges des fonctions enseignantes.
  • Tous les deux ans, il est donné aux enseignants quittance de leur travail.
  • Pour un temps plein de travail, le temps de présence aux élèves des enseignants est identique dans l’ensemble des degrés de l’école obligatoire.
  • Tous les enseignants responsables d’une classe sont dotés d’un temps de « gestion administrative ».[6]
  • En principe, la profession d’enseignant ne peut s’exercer en-deça d’un mi-temps.

 



[1] Actuellement, les décisions finales sont prises par la conférence des maîtres. Cette solution est insatisfaisante.

[2] Ce n’est aujourd’hui pas le cas pour les cours de cuisine en voie secondaire générale (VSG) et de voie secondaire de baccalauréat (VSB) et les cours de travaux manuels et en activités créatrices sur textile en VSB.

[3] Dans un groupe de besoin, certains élèves sont groupés momentanément selon leurs compétences. Il ne s’agit pas de reconstruire des filières sous forme de niveaux décidés à priori, mais d’apporter des réponses circonstanciées à des élèves en fonction des écueils qu’ils rencontrent. Les besoins de l’élève ne sont pas définis par référence à un niveau supposé, mais s’appuient sur les résultats d’observations.

[4] Cette proposition prend en compte le statut à venir des actuelles enseignantes du cycle initial ; ainsi que l’introduction de l’anglais dès l’actuel 5ème degré. Elle est relative aux degrés définis par le projet Harmos

[5] En termes notamment de justice sociale et de lutte contre les incivilités, il n’est pas acceptable que des élèves soient libérés durant une deuxième journée par semaine, comme c’est actuellement le cas localement.

[6] Ce n’est actuellement le cas que pour les maîtresses et maîtres de classe dès le 5ème degré, alors que les tâches administratives ou le temps consacré aux rencontres avec les parents est identique pour les enseignants du primaire.

 

 
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