Le Comité de la SPV met un « modèle d’école » en consultation Dans une école pacifiée, le Comité de la SPV désire mettre en place un débat pacifique. Il publie et met en consultation des propositions innovantes pour projeter l’école vaudoise vers de nouveaux succès. En 2012, à la condition que les textes en soient ratifiés par le parlement cantonal, l’école vaudoise devrait avoir réalisé son inscription dans les grandes orientations fédérales et romandes.Pour autant, la marge de manoeuvre reste large pour apporter à notre école les modifications utiles et nécessaires, d’une part à l’amélioration des compétences et connaissances de tous les élèves et, d’autre part, à celle des conditions-cadre offertes aux professionnels et aux établissements. Avenir d’une école sélective organisée notamment en voies cloisonnées ; organisation du travail au sein des établissements et participation des enseignants aux prises de décision ; grille-horaire et temps scolaire dans le contexte de l’introduction de l’anglais en 5ème… Voilà quelques thèmes qui doivent être abordés sans tabou si l’on veut pouvoir apporter des solutions innovantes et dynamiques. L’organisation du secondaire I vaudois est un enjeu clé, qui devrait animer les débats de la présente législature : loin d’être la révolution que certains se sont plu à décrire, la réforme de 1997, dite EVM, ne remettait pas en cause le principe selon lequel le fait de grouper les élèves en fonction de leurs compétences scolaires permettrait à ceux-ci de maximiser leurs potentiels. Bien au contraire, les voies du secondaire se voulaient mieux définies. Et l’orientation dans celles-ci mieux documentée. Las, contrairement aux attentes, cette approche a débouché sur un fort étiquetage des élèves et ne permet plus à chacun d’acquérir les connaissances utiles à son avenir de citoyen et de répondre aux exigences de la formation professionnelle. Cette question a ressurgi lors de la campagne pour le renouvellement des autorités cantonales, opposant deux positions difficilement conciliables : D’un côté, les tenants d’une filière « unique » pour les degrés 7 à 9 ; de l’autre, celles et ceux qui désirent renforcer la sélection et « revaloriser la VSO », mais qui se gardent de propositions concrètes. Depuis, deux postulats ont notamment été déposés au Grand Conseil : L’un proposant l’étude de la filière unique et l’autre militant pour une structure en deux voies dès la fin du 6ème degré. Depuis 150 ans, la SPV est une force de proposition. Elle a initié la création de l’enseignement spécialisé. Répondant aux attentes de l’époque, elle a été à l’origine de la création de la « prim’ sup’ » et des classes de division terminale, devenues classes de VSO. Aujourd’hui, les exigences ont changé : A la sortie de l’école obligatoire, tous les élèves doivent être dotés de connaissances et de compétences de haut niveau. C’est à cette exigence que l’école vaudoise doit répondre. Le 13 septembre dernier, poursuivant le chemin tracé par ses prédécesseurs, le Comité de la SPV a rendu public un document proposant son « projet d’école », intitulé 26 mesures pour une école de la réussite . Il a adressé ce faisceau de propositions à l’ensemble du monde politique, scolaire, associatif et économique vaudois. Il y propose notamment une organisation nouvelle des degrés 7 à 9. Dans une école pacifiée, le Comité de la SPV, à sa mesure, désire ainsi participer à la mise en place d’un débat pacifique. Sa démarche se veut ouverte, positive et pragmatique. On a vu ailleurs qu’agir à la hussarde, par voie d’initiative, par exemple, ne conduisait qu’à une crispation des positions et une guerre stérile. Les 26 mesures proposées par le comité de la SPV peuvent et doivent être amendées. Il convient que tous s’en emparent et les disputent, afin qu’advienne, dans la concertation et acceptée par le plus grand nombre, une école plus juste et plus efficace : une école de la réussite. Le 13 septembre 2007, le Comité cantonal de la SPV a mis en consultation le document suivant auprès de l’ensemble du monde politique, scolaire et associatif vaudois. On retrouve le texte d’orientation de ces propositions sur www.spv-vd.ch. Une fois recueillies les réactions de ces milieux, et nourrie par celles-ci, le Comité de la SPV affinera ses propositions. Celles-ci seront débattues le 14 novembre, en une assemblée extraordinaire de la SPV. 26 mesures pour une école vaudoise de la réussite Dans le but d’améliorer les compétences et les connaissances de tous les élèves, de réduire, dans l’exigence, les écarts de capacités entre ceux-ci en fin de scolarité obligatoire, et de faire se côtoyer les origines sociales et culturelles le plus longtemps possible, les grandes options suivantes orientent l’école obligatoire vaudoise. STRUCTURE - Dès l’école enfantine, obligatoire, et jusqu’à l’issue de l’actuel 8ème degré (degré 10 selon Harmos), l’école vaudoise est organisée en classes hétérogènes sans différenciation structurelle (système dit en filière unique).
L’ensemble des élèves suit des cours en commun. - En tenant compte à la fois de la volonté et des compétences scolaires et personnelles des élèves, une orientation a lieu à l’issue de l’actuel 8ème degré.
- L’actuel 9ème degré est organisé en deux voies qui conduisent respectivement à l’entrée dans une formation directement professionnalisante ou à des études de type académique.
- Le redoublement doit rester une mesure exceptionnelle.
- Sur préavis des enseignants concernés, les décisions relatives au parcours des élèves sont prises et assumées par la Direction de l’établissement scolaire.
- La dotation horaire en français est consolidée. Cette dotation est renforcée pour les élèves dont le besoin en est manifeste. Notamment, aux actuels degrés 7 à 9, elle est au minimum de 6 périodes pour tous les élèves.
- Aux actuels 7ème et 8ème degrés, des options spécifiques sont offertes à hauteur d’au maximum un cinquième de la dotation horaire.
· Des cours obligatoires en activités manuelles, artisanales et artistiques sont offerts à tous les élèves jusqu’à l’issue de la scolarité obligatoire. ORGANISATION DU TRAVAIL PEDAGOGIQUE - Afin de soutenir les apprentissages des élèves, la présence temporaire ou partielle d’un deuxième enseignant par classe est promue et soutenue.
- Dès le début de la scolarité, les enseignants formés à l’enseignement spécialisé, les enseignants de discipline spéciale (musique, sports, arts visuels, travaux manuels et activités créatrices sur textile) et les enseignants spécialistes (langues étrangères, sciences, notamment) apportent leurs compétences particulières tant aux enseignants généralistes qu’aux élèves dont ils ont la charge.
- Afin de tenir compte des compétences spécifiques à chacun-e des élèves, des groupes de besoin temporaires peuvent être mis sur pied.
CONDITIONS CADRE - Chaque direction d’établissement scolaire est composée d’un directeur administratif et de deux co-directeurs, respectivement responsables de l’orientation pédagogique et de la gestion des ressources humaines. Ces fonctions pourraient remplacer celles des doyens actuels.
- Afin d’assurer partout et en tout temps la qualité de l’enseignement, il est créé une fonction spécifique de remplaçant-e, formé-e spécifiquement et au statut spécifique reconnu.
TEMPS DE PRESENCE DES ELEVES - Le nombre de périodes hebdomadaires suivies par les élèves s’élève à:
· 26 périodes aux degrés 1 et 2 (actuellement 23) respectivement. Jusqu’à 16 au degré 1 et jusqu’à 26 au degré 2 · 28 périodes aux degrés 3 et 4 (actuellement 28) · 30 périodes aux degrés 5 et 6 (actuellement 28) · 32 périodes aux degrés 7 et 8 (actuellement 32) · 33 périodes aux degrés 9 à 11 (actuellement 32 en VSO et VSG et 33 en VSB) - Jusqu’à la fin de l’école obligatoire, à l’exception du mercredi après-midi, ainsi que de l’organisation particulière des deux premiers degrés, tous les élèves sont scolarisés durant toutes les 9 demi-journées d’école.
STATUT DE L’ENSEIGNANT - Il est établi un cahier des charges des fonctions enseignantes.
- Tous les deux ans, il est donné aux enseignants quittance de leur travail.
- Pour un temps plein de travail, le temps de présence aux élèves des enseignants est identique dans l’ensemble des degrés de l’école obligatoire.
- Tous les enseignants responsables d’une classe sont dotés d’un temps de « gestion administrative ».
- En principe, la profession d’enseignant ne peut s’exercer en-deça d’un mi-temps.
Ce n’est aujourd’hui pas le cas pour les cours de cuisine en voie secondaire générale (VSG) et de voie secondaire de baccalauréat (VSB) et les cours de travaux manuels et en activités créatrices sur textile en VSB. |