Après plus de 5 ans de travaux, mais aussi d’atermoiements, la revisite des fonctions de l’Etat et de leur classification (DECFO), ainsi que de leur niveau de rémunération (SYSREM), vient d’entrer dans sa phase de négociation politique. Inscrite dans la continuation de l’adoption de la Loi sur le Personnel dès 2001, reportée année après année depuis bientôt 6 ans, malgré les engagements réitérés du Conseil d’Etat, la revisite des fonctions de l’Etat et de leur classification (DECFO), ainsi que de leur niveau de rémunération (SYSREM), vient d’entrer dans sa phase active. Le 6 juillet, des négociations ont enfin été engagées. Pour la SPV, l’objectif doit être simple: obtenir la meilleure revalorisation possible des prétérités du système présent, qu’ils soient actuellement en fonction ou pour l’avenir. En premier lieu, les généralistes, dont on rappellera que la dernière classification date de plus de 35 ans. Sans préjuger pour autant des suites de la négociation qui s’amorce, les premières propositions du Conseil d’Etat semblent tenir compte de cette revendication. Mais, dans ce contexte, les collègues qui enseignent en VSO et en VSG doivent aussi être revalorisés. De plus, le Comité cantonal a pris acte de la résolution de l’Assemblée des délégués de la SPV du 6 juin dernier qui l’invite à défendre, pour les collègues spécialistes d’une discipline, « les reconnaissances statutaires et salariales dues à leur niveau de formation ». Donc, tenir compte des formations secondes. Il conviendra aussi d’être particulièrement attentif aux mécanismes salariaux, afin que ce qui pourrait être octroyé d’une main ne soit pas immédiatement repris par l’autre. En particulier en ce qui concerne les annuités - la progression annuelle du salaire -, dont le récent passage de 15 à 20 ans pour atteindre le sommet de la classe a fait perdre aux généralistes près de 100'000 francs sur la carrière ! Enfin, le 6 juillet, le Conseil d’Etat a annoncé une « offre de départ » : 20 millions supplémentaires seraient mis dans l’opération. Alors que la convention salariale de 2004 a fait perdre aux agents de l’Etat plus de 50 millions de masse salariale chacune des 3 dernières années, que la perte de pouvoir d’achat est en moyenne, de l’ordre de 1% par année depuis 15 ans et que le budget annuel consacré aux salaires de l’Etat affleure 2 milliards de francs, chacun mesurera l’aspect incongru de cette proposition chiffrée. Toutes et tous, et c’est bien normal, désirent être servis. La Fédération des sociétés de fonctionnaires (FSF), dont la SPV est une des forces vives, devrait donc également se soumettre à des arbitrages à l’interne. Arbitrages dont on ne peut aujourd’hui dire sur quelles décisions ils pourraient déboucher. En regard de ces éléments, tout sera fait pour garder un « front syndical » le plus cohérent possible. Gageons que SUD, SSP et la FSF pourront au moins se rejoindre sur un point : ne pas participer à la mise en place d’un système qui enferme les gens dans leur statut ou survalorise les fonctions de cadre. Interrogé sur le fait que l’Etat ne serait pas concurrentiel avec le privé, on relèvera à ce propos la récente déclaration d’un « haut responsable » vaudois qui estimait, dans le quotidien Le Temps du 28 juin, que « pour gagner en flexibilité, il faudra revoir à la baisse les salaires de ceux qui occupent des fonctions modestes, traditionnellement bien rémunérées à l’Etat ». Pensait-il à nos collègues cantonniers, aux infirmiers ou aux agents de propreté ? D’ores et déjà, la SPV est en ordre de bataille. Et le fait que le nouveau président de la FSF, Michel Gilliéron, soit un des experts du dossier DECFO au sein de notre faîtière syndicale autorise une certaine sérénité. Mais quelles que soient les orientations que vont prendre les négociations dorénavant entamées, rien ne sera possible sans une forte implication de l’ensemble des membres des associations et syndicats. La prochaine séance de négociation est fixée au 4 septembre. Il n’est pas inutile de rappeler que la SPV a fixé le 1er janvier 2008 comme date butoir. En tout état de cause, une documentation, une attention et une mobilisation constantes doivent dès maintenant occuper tous les esprits et tous les instants. |