Depuis le début de cette année, donc de la nouvelle législature, une mentalité différente semble s’installer gentiment dans la République et Canton du Jura. Le Gouvernement et les responsables administratifs se donnent la peine de rencontrer, informer, discuter, voire même négocier avec les syndicats. Les changements de personnes ne sont pas étrangers à cette évolution positive. Au niveau politique d’abord. Parmi les trois ministres sortis, deux faisaient preuve d’une suffisance extrême à l’égard des partenaires sociaux. Secrétaire général du SEJ et président de la coordination des syndicats de la fonction publique depuis 2005, je n’ai jamais eu à ce titre l’honneur de rencontrer le ministre de l’économie, en charge alors de la formation professionnelle, ou le ministre des finances garant des mesures d’économies touchant le personnel de l’Etat. Ils ne déléguaient même pas leurs chefs de services pour mener une quelconque discussion avec les syndicats. Le 3e ministre parti, celui de la santé, des affaires sociales et de la police utilisait une autre technique. Il recevait les gens, les calmait en leur promettant d’aller au-delà de leur demande, et s’arrangeait finalement pour ne rien faire. Les enseignants de l’ESIJ, et le comité central du SEJ avec eux, trompés, grugés, roulés dans la farine quant à une éventuelle amélioration de leur statut, peuvent en témoigner. Depuis le début de l’année, je ne compte plus les rencontres avec les ministres en charge de dossiers touchant le personnel, administratif ou enseignant. Même impression au niveau des responsables administratifs. Que ce soit avec le SEN, le CEJEF ou encore le SFO, les trois services en charge de l’éducation et de la formation dans le Jura, les échanges sont devenus une pratique courante. Parmi les nouveautés, lorsque le SEJ écrit à l’un des services pour obtenir des informations, des éclaircissements ou pour contester une décision, depuis six mois, il reçoit des réponses écrites. Au moment où j’écris ces lignes, aucun courrier du SEJ n’est encore en attente d’une réponse. Précisons, aucun courrier depuis le début de l’année. Car il en existe plusieurs datant de la législature précédente qui attendent ne serait-ce qu’un accusé de réception. Le temps où un ministre insultait à la tribune du Parlement les députés enseignants et accusait la fonction publique d’être seule responsable des déficits semble révolu. Tous les membres du comité de la coordination des syndicats se félicitent de ce changement de mentalité. Nous n’avons plus qu’à espérer que cet esprit subsiste tout au long de la législature. Pas d’euphorie. Le fait de se rencontrer ne signifie pas encore que nous serons d’accord sur tout. Mais les échanges ont l’avantage de permettre à chaque partie de développer sa vision des choses, et de comprendre ce qui préside à la réflexion de l’autre. Cela permet surtout de désamorcer un conflit stérile pour faire place à une opposition d’idées, réciproquement respectueuse. |