Quand des parents accusent, il convient que la hiérachie aborde les collègues incriminés avec un préavis favorable et que ces derniers soient soutenus et traités avec respect et bienveillance. La presse s’en fait de plus en plus souvent l’écho. Les salles des maîtres en bruissent de mille fâcheries et agacements. Certains appellent la SPV à l’aide : les relations de l’école avec certaines familles tendraient à déraper. Ici, c’est un soutien considéré comme insuffisant à un élève accidenté. Là, un collègue est accusé de violence physique délibérée, voire de harcèlement moral envers un enfant. Ailleurs, c’est le défaut de surveillance qui est indûment évoqué. Sans compter les tensions récurrentes liées aux décisions d’orientation. Certes, ces cas ont toujours existé. Le mythe d’un âge que d’aucuns considèrent d’Or, où les parents doublaient la mise quand une punition était infligée, relève largement du fantasme. Il n’empêche. Il serait inadéquat de ne pas prendre en compte une évolution qui nous semble relever d’au moins deux ordres d’examen : d’abord ce sont ces familles qui, sans distance ni confrontation, donnent quittance et prennent pour argent comptant l’entier de ce que rapporte et décrit leur enfant. Au-delà des invectives sur l’enfant-roi, il convient de s’interroger : est-ce la seule attitude des enseignants que l’on dénonce… ou ne serait-ce pas plutôt l’école en général que l’on met en cause par ce biais ? Impuissant à dénoncer un système considéré comme injuste, il est courant que l’on s’en prenne à ses agents. Ensuite, c’est le recours exacerbé à l’ordre juridique, dans une approche consumériste : si l’école et ses acteurs ne peuvent me donner raison, la justice, elle, impartiale, saura trancher, dire le droit et rétablir la vérité. Avec la part de naïveté, partagée par les parties, qui laisserait entendre que la justice serait obligatoirement du côté du justiciable plutôt que de celui de l’autorité… Loin de nous l’approche qui conduirait à affirmer que l’enseignant aurait toujours raison et la famille tort par essence. Quand un collègue franchit la ligne rouge, l’éthique oblige à rappeler que certains comportements sont indéfendables et que ceux-ci peuvent être sanctionnés, notamment au regard de la Loi scolaire. Mais, dans un contexte où, quoi qu’on en dise, l’école vit en permanence sous tension, force est de constater que certains élèves échappent à toute maîtrise et refusent de se situer sur le champ de la raison et de la négociation. De même que certains parents, souvent dépassés par les événements, rejettent sur l’école l’échec de leur responsabilité éducative. Dans ce cadre, il est certes du devoir de la hiérarchie d’écouter les familles ; celles-ci ont le droit de se plaindre. Mais, en regard des situations évoquées ci-dessus, il convient qu’à tous les étages de cette hiérarchie, on aborde les collègues incriminés avec un préavis favorable et que ces derniers soient soutenus et traités avec respect et bienveillance. Pour ce qu’on peut en connaître, de manière générale, les relations sont plutôt bonnes entre l’école et les familles. Pourtant, le danger du repli menace: Moins de camps, de sorties, puisque c’est là source d’embrouilles. Juste ce qui est légalement nécessaire en ce qui concerne le partenariat école-familles. Intervention distante, en cas d’agression entre élèves ou envers l’enseignant, car existe le risque latent d’être accusé de violence physique. Retrait sur l’empathie qui pourrait être jugée ambiguë.… Le comité de la SPV entretient de bons contacts avec celui de l’association vaudoise des parents d’élèves (apé-Vaud). Les questions évoquées ci-dessus seront prochainement débattues avec ses représentants. Nous y rappelerons le contenu d’une affichette commune qui date de quelques années: Parents et enseignants, ensemble… privilégient des rapports respectueux, prennent le risque de la confiance, respectent leurs espaces de compétences respectifs. Mais, nous ne sommes pourtant pas naïf : face à une inflation juridique à l’américaine qui touche l’ensemble des rapports sociaux, il nous faut dès maintenant nous blinder. |