Est-il normal que la partie francophone de notre canton soit socialement délaissée au point qu'elle n'a pas de structure d'accueil pour des élèves exclus temporairement de l'école ? Par presse interposée, on a pu comprendre qu'un courant hostile aux francophones bernois prenait forme dans la capitale. Apparemment, ça ne présage rien de bon pour nous. Il faudra, une fois de plus se battre… Dernièrement, un groupe de députés romands au Grand Conseil bernois s'inquiétaient du sort des élèves qui sont exclus temporairement de l'école pour des raisons disciplinaires. Ils sont d'avis qu'on ne peut pas simplement laisser ces jeunes à la maison ou dans la rue. Ce en quoi ils ont parfaitement raison… Parfaitement raison en effet de se demander s'il existe une quelconque structure dans notre coin de pays bernois et néanmoins romand prêt à accueillir des écoliers qui, dans la plupart des cas, ont perdu tout repère. Je l'ai déjà écrit, notre région n'est équipée que d'une seule structure d'accueil d'adolescents en difficultés : le Centre Educatif et Pédagogique de Courtelary. Mais voilà, il affiche complet. Ceci par la volonté du canton, en raison des restrictions financières mises en place toutes ces dernières années. Ce n'est pourtant pas cet état de choses qui peut m'empêcher d'être tout à fait en accord avec la demande des députés. Il faut que notre parlement arrête de se cacher la face : le Jura bernois est très fortement sous doté en matière d'accueil des jeunes en difficultés. Chez eux, c'est au poil, chez nous…à poil ! J'ai eu l'occasion de visiter dernièrement deux institutions dans la région de Berne (Bolligen et Richigen) qui ont pour mission d'encadrer des jeunes qui sont en rade. Il y a de quoi être stupéfait (pour utiliser un euphémisme). Toutes les structures, tant au niveau des bâtiments, des infrastructures d'encadrement que du personnel sont très généreusement accordées. Au cours de ces visites, j'ai vraiment eu l'impression que nos collègues alémaniques travaillent dans le luxe. Et pourtant, ce n'est pas le cas. Ce sont des conditions de travail qui sont normales… Alors, si le Grand Conseil bernois pouvait faire un geste (une fois n'est pas coutume) en faveur de sa région francophone dans le domaine scolaire et social, on n'aurait plus besoin d'entendre ce genre de cri d'alarme des députés romands. Certains jeunes de chez nous (tout autant que ceux de "chez eux") ont besoin d'un lieu où ils puissent s'arrêter quelques semaines, afin de faire le point, de retrouver un cadre et acquérir des repères valables pour l'avenir. Ou bien, est-ce trop demander à Leurs Excellences de Berne ? |