Nos collègues enseignants de sport n’ont aucun souci à se faire. La Confédération vient d’appuyer avec force et véhémence les trois heures de sport hebdomadaires. Plutôt réjouissant pour l’ensemble de notre jeunesse. Mais le but avoué de la Confédération est d’éradiquer le problème de l’obésité. Vaste programme me direz-vous, mais est-il vraiment réaliste ? Nos jeunes bénéficient depuis plusieurs décennies de trois heures de sport obligatoires durant toute la durée des études. Cette ordonnance n’est d’ailleurs pas respectée par le centre professionnel de notre canton, où les heures de sport sont tout simplement inexistantes. Ceci peut être compréhensible pour des métiers où l’activité physique est quotidienne, mais pour d’autres métiers, elles serviraient certainement d’exutoire à bien des apprentis surmenés et stressés malgré leur jeune âge. Mais d’après les derniers renseignements, des changements auront lieu au niveau du secondaire professionnel. On peut s’en réjouir, mais qui va donc enseigner le sport à nos jeunes apprenants ? Vraisemblablement des enseignants de sport du CO, qui verront leur salaire augmenter, et dont notre degré ne pourra que pleurer le départ. Bref je ne veux pas que parler des enseignants, mais bien de ceux qui devraient être notre préoccupation première, les élèves. Nos élèves bénéficient aujourd’hui de plusieurs périodes de sport hebdomadaires ainsi que des cours d’alimentation où toute la problématique de la prévention de l’obésité est présente. On ne peut que s’en réjouir, mais l’on doit toutefois faire le constat suivant : les élèves d’aujourd’hui sont bien mieux informés, instruits et prévenus sur le sujet de l’alimentation qu’auparavant, en contre partie les statistiques démontrent que le nombre d’enfants obèses augmente sans cesse. L’information tue-t-elle la réalité ? On se doit de réfléchir à l’efficacité de notre action préventive et instructive. Car si les élèves n’appliquent que peu ce qu’on leur transmet, on peut évidemment parler d’échec. Cet échec ne doit pas être porté uniquement par le milieu scolaire, mais bien sûr par l’ensemble de la société et par la famille en premier lieu. Mais si l’on pousse la réflexion un peu plus loin, on se rendra très vite compte que ces enfants obèses vivent des situations dramatiques et psychologiquement très difficiles à gérer. D’un côté l’école leur démontre les bienfaits d’une alimentation équilibrée et de la pratique d’une activité sportive extrascolaire. De l’autre la situation (tradition) familiale leur impose un régime alimentaire tout autre, ainsi que l’impossibilité d’accomplir un sport pour des raisons pécuniaires ou autres. Vous me direz sans doute que le sport le moins cher et accessible à tous est la course à pied ou dans un premier temps la marche. Détrompez-vous, si l’enfant veut éviter des problèmes physiques, il devra faire l’investissement assez conséquent d’une paire de chaussures adaptées. Les prix des ces dernières ne font qu’augmenter et je ne pense pas exagérer en disant que le prix moyen d’une bonne paire de chaussures est supérieur à 100.- Peut-être que les parents de ces enfants préfèrent mettre cet argent dans le budget alimentation de la famille, plutôt que de le dépenser à la pratique d’un sport. Car dans l’ordre des choses, il me semble que se nourrir, et nourrir sa famille, est un besoin bien plus fondamental que celui de pratiquer du sport. Pascal Knubel, Pdt AVECO Les élèves d’aujourd’hui sont bien mieux informés, instruits et prévenus sur le sujet de l’alimentation qu’auparavant, en contre partie les statistiques démontrent que le nombre d’enfants obèses augmente sans cesse. L’information tue-t-elle la réalité ? On se doit de réfléchir à l’efficacité de notre action préventive et instructive. |