Elections cantonales et avenir de l’école : faire son choix en connaissance de cause.
Vaud - 16/02/2007

Revalorisation des instits, mise à plat des inéquités de traitement, 5-6 au primaire, intégration de tous les élèves dans l’école obligatoire, organisation du Sec I… beaux défis pour les 5 ans à venir !

Devant un Conseil d’Etat qui apparaît uni comme jamais, certains estiment que le fait de voter commencerait à perdre du sens. Pourtant s’il y a un thème qui résiste à cette approche, c’est bien celui de l’école obligatoire et de son organisation.

D’un côté, la plateforme de gauche (Parti socialiste vaudois, Les Verts et « A gauche toute »)[1] avec, notamment, la volonté de « mettre en place, pour tout le secondaire I, un système de classes regroupant des élèves de tous les niveaux, partageant des cours communs et suivant certaines disciplines selon leurs aptitudes ».

De l’autre, le projet du centre droite vaudois (partis radical, libéral et UDC)[2], qui invite, en particulier, à « revaloriser la filière VSO en augmentant les exigences vers les besoins du marché du travail (français, mathématiques et langues étrangères) ». Mais, le Petit Broulis illustré demande de rendre la VSO « moins scolaire ». Quant au président du groupe UDC du Grand Conseil, M. Jean-Pierre Grin, il estime que « c’est la nature qui fixe chromosomiquement le potentiel des élèves ».[3]

Dans ce contexte électoral, Mme Anne-Catherine Lyon déclarait le 9 janvier[4] qu’elle désirait demeurer la patronne de l’école vaudoise et qu’elle se félicitait que l’école fût désormais pacifiée. Mais qu’en revanche, le débat sur le nombre de voies dans la scolarité obligatoire devait être entamé après les élections.

Sur ce dernier point, nous pouvons donner raison à la Cheffe du département : on peut en effet aisément imaginer, dans la courte période qui nous sépare des élections, ce que donnerait un débat sur ce thème, mené, tambour battant, sans la documentation et la réflexion nécessaires ! L’enjeu est trop important pour faire les frais de la caricature, figure quasiment imposée quand se rapproche le rendez-vous des urnes.

Sur un plan plus général, il ne nous appartient pas de décerner des lauriers ou des chardons à l’actuelle Cheffe du DFJ. Chacun établira son bilan. Mais nous pouvons néanmoins témoigner que les positions de la SPV sont prises en compte avec respect. Même si, pour être entendu, il faut souvent revenir à la charge.

Pour le reste, « le DFJ c’est elle, et la SPV c’est nous ».

À l’issue de la présente législature, l’école vaudoise a repris une vitesse de croisière qui permet, en gros, à la majorité de se retrouver : la question de l’évaluation du travail des élèves, notamment, est (momentanément ?) réglée.

Pourtant des chantiers « durs » sont là, devant nous : notamment la nouvelle loi sur la HEP et son règlement, l’école enfantine obligatoire, la mise en place des conseils d’établissement, la revalorisation statutaire des instit’s et des généralistes, la résolution des inéquités statutaires au CYT, la question du passage des degrés 5-6 au primaire, la nouvelle politique d’intégration d’élèves qui relevaient jusqu’ici essentiellement de l’enseignement spécialisé.

Beaux défis pour les 5 ans à venir et domaines dans lesquels se différencient clairement les propositions de la « gauche », de la « droite » et de ceux qui se situent « ailleurs »…

A chacune et à chacun de jouer les 11 mars et 1er avril prochains.



[1] Le PSV propose de « modifier la loi scolaire afin de remplacer les trois filières du secondaire par une seule voie jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire. La majorité des cours y est donnée en classes hétérogènes. Des cours à options ou à niveaux ainsi que des appuis pour les élèves en difficulté sont introduits ». Pour les Verts, « le système scolaire actuel prend trop peu en compte les différences de rythmes d’apprentissage et d’origine sociale. Il est fondé sur une logique de sélection et de choix négatifs qui font de notre système de formation l’un des plus inégalitaires de Suisse sans parvenir à former une élite suffisante. Le système doit être revu ». Pour le candidat P. Martinet, il convient d’abord de « décloisonner la VSO et la VSG » (RSR La Première, 19.01.07).

[2] L’UDC estime que les notes doivcnt être réintroduites à tous les niveaux d’une école obligatoire qui doit particulièrement agir pour permettre à tout individu d’exercer son rôle dans le monde du travail. Les libéraux demandent aussi de « résinstaurer les notes au primaire » et proposent d’ «éviter nivellement et disparités régionales (sic !) par un refus du tronc commun ». Dans un autre registre, Mme Jacqueline De Quattro, supposant que ces éléments aurait disparu, invite à « réintroduire une juste dose de discipline » et  à redonner « le goût de l’effort et de la compétition ». (24Heures du 22 janvier 07)

[3] Cité par Le Courrier du 19 janvier 2007

[4] Le Courrier, du 10 janvier 2007

 
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