Un dirigeant de foot a décidé de se renseigner sur la possibilité de poser plainte contre les arbitres. Le manque à gagner résultant des erreurs serait énorme et pourrait, d’après cette personne, mettre en danger la pérennité d’un club. Cette action aussi inutile que provocatrice aura au moins eu le mérite de susciter le débat. Etant moi-même un grand passionné de foot, je me suis quelque peu intéressé à la proposition du dirigeant martignerain. Non pas que je veuille m’immiscer dans la vie des différents clubs sportifs, mais plutôt pour en faire un transfert dans notre univers scolaire. Imaginez qu’un parent riche et puissant (il y en a quelques-uns dans notre très chère patrie) décide de poursuivre un enseignant pour manque à gagner ? Absurde me direz-vous, pas si sûr. En effet à la fin de la 6ème primaire (en Valais), les enseignants doivent orienter les jeunes en fonction de leurs résultats scolaires. Certes, les performances des élèves sont évaluées sur l’ensemble de l’année scolaire et bien souvent elles correspondent aux facultés des divers apprenants. Aidés par les parents, les enseignants de ce degré font de l’excellent travail, mais les conséquences de leur orientation peuvent être considérés comme irréversibles par bon nombre de personnes, ce qui n’est pas le cas dans notre système actuel. Il en va de même à la fin de la scolarité obligatoire. Les élèves peuvent accéder aux écoles supérieures en fonction de leurs résultats. Les conséquences sont cette fois-ci beaucoup plus dures à accepter. En effet, un élève aux résultats mitigés en fin de 6ème primaire aura toujours la possibilité de démontrer ses réelles compétences durant les 3 années de Cycle d’Orientation. Mais à la fin de la 9ème, que lui reste-t-il comme alternative ? Se rabattre sur un apprentissage qui ne correspond pas du tout à ses attentes ? Je pense que le problème se situe à ce niveau. La dichotomie qui existe entre le rêve des parents et la réalité scolaire de leur enfant fait que l’enseignant sera considéré comme un tyran ou comme le sauveur. Mais ce rôle, il n’a pas à l’assumer, c’est celui de la société. Alors replaçons les éléments à leur juste place, restons persuadés que tout le monde fait au mieux de ses possibilités et de ses compétences, ainsi nous éviterons des procès inutiles qui frisent le ridicule. Pascal Knubel, Pdt AVECO |