Lors de l’assemblée générale de la COMACT (commission des maîtresses ACT du SEJ), de nombreuses interrogations ont été soulevées quant à la formation future des enseignant-e-s pour les branches dites rares, dont notamment pour ce qui est de l’enseignement des ACT. Dans le cadre de la HEP BEJUNE, un groupe de formateurs a été constitué pour réfléchir à cette problématique. D’emblée, l’opacité s’est développée autour de cette affaire. En premier lieu, les collègues jurassiennes qui ont collaboré à ces travaux n’étaient mandatées par personne, en tout cas pas par le service de l’enseignement. C’est le responsable du groupe d’alors qui avait pris contact avec ces enseignantes pour qu’elles participent à la réflexion. Ensuite, très rapidement, la dévalorisation de cette branche est clairement apparue dans la mise en place de la formation des enseignant-e-s primaires. La formation en ACT, par exemple, est désormais intégrée à la formation de base des étudiant-e-s. Le principe est défendable. Mais le temps global de formation consacré aux ACT est à ce point ridiculement mince que l’on peut craindre, à terme, que cette branche disparaisse en tant que telle de la grille horaire primaire car la formation des enseignant-e-s sera de fait insuffisante. L’opacité s’accentue encore lorsque l’on s’intéresse à la formation qui devrait démarrer en août 2007, pour l’enseignement des branches dites rares au Secondaire I. Pour l’instant, seuls les critères d’admission ont été discutés, mais en des lieux différents et par des personnes différentes. Ainsi, le groupe cité plus haut a intégré dans le public susceptible d’accéder à cette formation les enseignant-e-s primaires diplômé-e-s. Or, en parallèle aux travaux de ce groupe auxquels elle n’a jamais participé, la nouvelle doyenne de la PF2 a élaboré des conditions d’admission qui excluent les enseignant-e-s primaires. C’est ce document qui a été présenté à la commission d’admission de la HEP BEJUNE le 31 octobre. Autre élément troublant, le groupe de formateurs a établi un dossier complet de présentation des diverses formations qui a été mis en consultation cet été. Mais personne n’arrive à savoir qui a été consulté. Le SEJ, c’est certain, ne l’a pas été. Ces tâtonnements mettent en évidence que ces formations sont secondaires aux yeux des responsables de la HEP BEJUNE. L’enseignement de ces branches est ainsi dévalorisé. Une preuve de plus que l’on va vers l’institution d’une école obligatoire utilitaire. D’une école chargée de produire des petits génies intellectuels. Ce que tous les élèves ne deviendront pas. L’égalité des savoirs est une utopie. L’égalité des chances passe par le développement des potentiels des élèves. Ils ne sont pas uniformes. A trop mépriser l’intelligence des mains, on court le risque de créer des générations de manchots. Parmi les groupes de travail créés pour PECARO, celui qui se consacre aux programmes de ces branches développe des idées allant dans le sens de la valorisation de ces enseignements. Faisons en sorte que les programmes qui seront élaborés puissent être appliqués en soutenant fermement le maintien de ces leçons dans les grilles horaires. Le SEJ entendu Dans sa réponse à la double consultation sur HarmoS et la Convention scolaire romande, le Gouvernement a manifestement tenu compte de l’avis exprimé par le SEJ. Parmi les nombreux points d’accord, citons plus particulièrement : - la volonté de maintenir une école enfantine ayant pour mission première la socialisation des enfants ; - l’appréciation que les standards doivent rester des outils au service des objectifs et non devenir eux-mêmes des objectifs ; - le refus catégorique que ces standards deviennent des instruments pouvant servir à évaluer les enseignants ou les établissements scolaires ; - l’importance de développer à l’école, outre l’acquisition de connaissances et de compétences, la personnalité des élèves. Des convergences sur des principes fondamentaux qui méritaient d’être signalées et que nous enregistrons avec une réelle satisfaction. |