| J'aimerais faire un apprentissage, alors je contacte un patron. Ce dernier exige de ma part que je passe d'abord un test de connaissances, que je paierai de ma poche. Et ce n'est que sur la base du résultat qu'il m'engagera éventuellement. Cherchez l'erreur ! Depuis un certain temps déjà, les patrons de certaines professions de notre région ont passé commande à des entreprises privées pour élaborer des tests en vue de l'engagement des futurs apprentis. Et naturellement, l'engagement de ces derniers dépend de la réussite de cet examen. "Pourquoi pas ?" pourrait-on se dire dans un premier élan. Des faits Seulement, il y tout de même quelques points qui gênent dans cette manoeuvre et par conséquent, il y a aussi quelques questions à poser. - Un des premiers points noirs à soulever est que le passage de ces tests est payant ! (Fr. 60.00 par candidat !) Donc, avant même d'entrevoir une éventuelle place d'apprentissage, le jeune candidat doit délier les cordons de sa bourse (ou plutôt les parents de ce dernier) ! - Point deux : ces tests collectifs ne sont reconnus par aucune autorité officielle. Donc, sans tenir aucun compte des plans d'études scolaires, sans s'en référer à la DIP, des spécialistes établissent un cadre exclusif, une norme unique permettant l'accès à certaines professions ! - Point trois : depuis que ces tests existent et sont pratiqués, le canton n'a pas levé le petit doigt. Donc, apparemment, le Gouvernement laisse le feu vert à ces pratiques qui ont tout de même un côté très contestable ! - Et point quatre : Ces examens contribuent à décrédibiliser le travail de l'école obligatoire et ne testent pas les compétences sociales des futurs apprentis. Ce qui donne lieu à de nombreuses ruptures de contrat. (Voir le document de Peter Gasser ci-dessous) Des questions Première question : Pourquoi laisse-t-on des entreprises privées fabriquer et vendre du matériel d'examen (car il ne s'agit de rien d'autre) qui n'est pas reconnu officiellement ? Autre question : Pourquoi les futurs apprentis sont-ils mis financièrement à contribution avant même d'avoir gagné le moindre centime de salaire ? Question supplémentaire : Pourquoi le canton, par son immobilisme, cautionne-t-il cette manière de faire ? Question suivante : Pourquoi laisse-t-on les créateurs de ces test accumuler une fortune (plusieurs dizaines de milliers de tests à 60 balles chacun) au dépens de jeunes qui sont en recherche de leur avenir professionnel ? Question subsidiaire : Pourquoi le Centre de Formation Professionnelle de Bienne, qui pourtant dépend du gouvernement bernois, exige-t-il que chaque élève subisse un de ces tests ? Question finale : Notre canton représente-t-il la seule "terre d'asile" à ces multichecks, ou bien cette pratique est-elle plus répandue en Suisse dans les mêmes conditions ? |