Mais aurai-je le temps de trouver mon îlot - Avant que dans le ciel ne revienne à nouveau - Big Brother is watching you ! (Bernard Lavilliers) Mais dans quelle galère la SPV serait-elle allé se fourrer en entreprenant la bataille contre les multiples caméras de vidéosurveillance qui « ornent » dorénavant deux collèges de Lutry ?Interrogation légitime et agacement manifesté par quelques collègues qui jugent que leur association professionnelle aurait d’autres chats à fouetter ou estiment que finalement, zut, si la vidéosurveillance apporte son lot de pacification des préaux, pourquoi pas ? D’abord, pour une question de principe éducatif. Nous postulons que, pendant le temps scolaire (il s’agit de ce temps-là, les communes restant libres évidemment de protéger leurs avoirs comme bon leur semble), il est contre-productif à long terme de remplacer par de l’électronique la parole et l’échange, voire la punition infligée par des acteurs de chair et de sang. La déshumanisation portée par la vidéosurveillance, le symbole d’un pouvoir ainsi chosifié et inatteignable, qui laissent à penser que plus rien - ni jamais plus - ne serait négociable, est une forme sournoise de totalitarisme. Les collègues de Lutry, rencontrés par la SPV à ce propos, le 3 octobre dernier, ne disent pas autre chose quand ils réaffirment leur professionnalisme. Ils n’ont jamais rien demandé et s’estiment blessés quand est évoquée l’aide dont ils auraient besoin pour répondre à leurs tâches éducatives et de surveillance. Un vote indicatif n’a trouvé qu’un seul collègue qui soutient le fait que les caméras fonctionnent sur temps scolaire. Ensuite, si nous désirons obtenir une détermination d’un tribunal - puisque c’est ainsi que se traitent les objets dans une société basée sur le droit et les textes légaux -, c’est que nous considérons que les décideurs politiques de la cité du bord du lac ont agi à la hussarde. Ils n’ont pas discuté avec les acteurs concernés, ils ne les ont pas averti clairement de leur décision, ils ont agi sans référence claire au moindre règlement, fusse-t-il simplement communal. Nous estimons, mais ce sera à un juge de le dire, que ni les principes de légalité, ni de liberté de disposer de sa personnalité, ni de proportionnalité, n’ont été respectés. Pourquoi ces caméras ont-elles été installées ? Comment et par qui sont traitées ces images et ces bandes ? Que deviennent ces dernières ? Jamais nos collègues n’ont été mis au courant formellement de quoi que ce soit. Alors même que lors de leur entrée et de leur sortie du préau, ainsi que pendant qu’elles surveillent les récréations, les maîtresses des collèges concernés agissent sous les yeux électroniques mis en place par la commune de Lutry. Nous affirmons que ce combat est loin d’être anecdotique. Il se situe au croisement de questions relatives aux devoirs des enseignants et aux droits de ceux-ci en tant que travailleurs et à l’intersection des responsabilités respectives de l’Etat et des communes. Il s’agit de prendre dorénavant conscience que les conclusions du chantier EtaCom, qui ont donné responsabilité d’engagement des enseignants au DFJ et rendu la gestion des bâtiments aux communes - ces dernières ayant comme obligation première de les mettre à disposition de l’école - sont potentiellement une source de conflits. Puisque l’intervention de la Cheffe du département auprès de la Municipalité de Lutry a fait chou-blanc, nous estimons que la responsabilité des associations professionnelles et des syndicats est de prendre part active à ce débat. C’est le sens de l’intervention de la SPV dans ce dossier. Presse et Ecole : Le vendredi 29 septembre, Jacques Daniélou, au titre de membre de la COMETE et de président de la SPV, a participé, à la Chaux-de-Fonds, à un débat organisé par l'AIDEP (Association des inspecteurs et directeurs romands) autour de la question "A qui profitent les débats autour de l'école". On en retiendra que la presse voit le corps enseignant comme très frileux et systématiquement en défense, alors que les médias ont identifié les questions scolaires comme centrales et estiment - vraisemblablement à juste titre - de leur devoir de les mettre en débat sur la place publique. |