Je suis un perdant genevois
Neuchâtel - 03/11/2006
Dans ma mémoire, lorsque sont tombés les résultats, le 24 septembre a rejoint le 6 décembre au nombre des dimanches noirs. A l’issue d’une campagne particulièrement rude, les citoyen-ne-s genevois ont plébiscité l’initiative de l’ARLE exigeant, entre autres, le retour des notes à l’école primaire.

L’ampleur du score qui résonne comme un verdict sans appel parfaitement digne d’un régime dictatorial m’inquiète profondément et m’interroge. Comment et pourquoi en est-on arrivé là ? Le courant de pensée pédagogique auquel j’adhère est-il ainsi irrémédiablement condamné ?

Le patient travail de sape et de discréditation systématique mené par Jean Romain (Putallaz) & Jacques-André Haury et leurs disciplines a porté ses fruits. Leurs idées simplistes qui ne reflètent évidemment pas la réalité objective et forcément complexe de l’école triomphent …

Pour l’honnête homme que je prétends être, c’est écoeurant ! Mais, j’en prends ici l’engagement solennel, je ne céderai pas au découragement, solidaire de mes collègues genevois engagés dans la rénovation et surtout persuadé que, tôt ou tard, l’histoire nous rendra justice.

Des altercations, parfois très vives, ont opposé partisans et adversaires de l’initiative. Les relations qu’entretient le monde de l’enseignement avec la FAPSE ne m’apparaissent pas clairement. A entendre à la radio ou à lire dans la presse les réactions à chaud, les commentaires ou les éditoriaux peu amènes, j’ai l’impression que certains ont saisi cette opportunité pour régler des comptes personnels avec cette faculté, ses professeurs et ses chercheurs qu’on a trop peu entendus. Le silence n’est pas toujours d’or …

Ce que je considère comme une chance formidable et que j’envie de Neuchâtel, peut sans doute être ressenti comme une contrainte intolérable à Genève. Au simple énoncé du mot changement, certains attrapent déjà de l’urticaire ou actionnent immédiatement la pédale des freins. Je comprends parfaitement que des collègues, confrontés à une réalité terriblement complexe dont ils ne perçoivent pas clairement les enjeux se trouvent désorientés, déstabilisés, se sentent remis en cause dans leur pratique quotidienne et en souffrent.

Pour autant, on ne peut décemment pas enfermer l’école publique dans une tour d’ivoire avec, pour seule référence, la tradition, alors que, tout autour, la société se transforme, notamment à cause de l’immigration, que ses besoins et ses attentes se modifient en raison de la mondialisation.

Le débat sur les notes me paraît dépassé. Je regrette seulement que des parents, aspirant à un système simple de communication, n’aient pas compris qu’elles ne sont surtout pas objectives, qu’elles ne donnent que des indications fragmentaires et qu’elles ne reflètent en aucun cas la valeur de leur enfant.

L’ARLE, par l’entremise de Jean Romain (Putallaz), et Jacques-André Haury et leurs disciples mènent un autre combat. A coup de phrases assassines, voire de livres, en experts autoproclamés de la pédagogie, considérés comme tels par les médias qui leur offrent régulièrement une formidable tribune, ils s’ingénient astucieusement à discréditer l’école publique coupable d’avoir mis l’élève au centre du processus d’apprentissage. Ils n’ont pas d’expressions assez dures pour vilipender ce qui s’y fait, pour stigmatiser les chercheurs qui les prennent en défaut. Ils ont l’art d’asséner des demi-vérités, de manipuler des lieux communs, de multiplier les arguments fallacieux … et ça marche ! Le bon peuple est piégé, dupé. En arrière toute puisque l’école à ce point malade !

L’école publique de chacun de nos cantons est assurément perfectible. Ouverte, elle veut former, sans exclure et en respectant leur diversité d’origine, les citoyen-ne-s libres et responsables de demain. Avec de nombreux collègues de Romandie, c’est cette école de la tolérance et de la solidarité que nous défendons. Nous veillerons farouchement à ce qu’elle puisse remplir sa mission dans la sérénité.

Jean-François Kunzi

 

 

On ne peut décemment pas enfermer l’école publique dans une tour d’ivoire avec, pour seule référence, la tradition, alors que, tout autour, la société se transforme, notamment à cause de l’immigration, que ses besoins et ses attentes se modifient en raison de la mondialisation.

 

Le Comité central cherche encore des collègues femmes de tous les degrés qui acceptent de consacrer un peu de leur précieux temps aux affaires syndicales (10 réunions par année). Il les accueillera avec un grand plaisir.

 

La Journée syndicale se déroulera le 15 novembre prochain, dès 8h15, à Couvet. L’assemblée générale aura lieu le matin. L’après-midi, nous parlerons d’avenir avec M. Olivier Maradan, secrétaire général adjoint de la CDIP.

 

 
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