Depuis environ deux mois, le Canton du Jura vit une étrange période. D’abord, voyant la fin de la législature s’approcher, le Gouvernement a inondé de projets « urgents » le Parlement pour les faire passer avant la fin de l’année. Ensuite, des dossiers sont ralentis et renvoyés à 2007, lorsque les nouveaux chefs de la République, politiques et administratifs, seront connus. Lors de la rencontre du SEJ avec le Département de l’Éducation, on a pu constater et relever ce phénomène. La nouvelle loi d’organisation du secondaire II et du tertiaire a été menée au pas cadencé. Ses conséquences les plus directes, la nomination des chefs, se fait au pas de charge. D’autres dossiers n’ont pas bénéficié du même traitement. L’ouverture de négociations sur la revalorisation du statut des enseignantes préscolaires tarde. Il aura fallu six mois au Gouvernement pour accepter d’entrer en matière sur le sujet. Problème, pour mener efficacement ces négociations, et le SEJ a été le premier à le dire, il est indispensable que ce soit les mêmes personnes qui participent à l’ensemble du processus. Or, le chef du service de l’enseignement a annoncé son départ. Les négociations devront donc s’ouvrir lorsque son successeur sera connu. Autre dossier retardé, à croire même qu’il est oublié, la modification de l’échelle de traitement attribuée aux enseignant-e-s de l’ESIJ. La première démarche du SEJ date de mai 2005. En juillet de la même année, l’affaire semblait dans le sac. Mais une accumulation de prétextes juridiques, politiques ou administratifs fait que ce dossier ne sera pas discuté au Parlement avant 2007. Pourtant, le 18 mai dernier, le SEJ envoyait, à la demande du service de la santé, une liste d’arguments à utiliser dans le message à l’intention du Gouvernement puis du Parlement. Sa rédaction est encore en cours … Dans un cas comme dans l’autre, le SEJ a choisi la voie de la concertation et de la négociation. Mais les lenteurs constatées, avec il est vrai des responsabilités à des degrés divers, font que l’impatience se développe chez les enseignant-e-s concerné-e-s. On ne peut les en blâmer. Certain-e-s évoquent déjà l’utilisation de voies plus directes et plus rapides. Si l’on ajoute ces dossiers à tous ceux d’ordre pédagogique, politique, syndical, en cours ou en préparation (nous y reviendrons dans d’autres numéros), il est certain que lorsque le vide politique et administratif actuel aura été comblé dans le Jura, le travail ne manquera pas aux responsables du SEJ. Une séance de la CGF s’est tenue la première semaine des vacances d’automne. En plus du soussigné, deux enseignants y participaient. La position du Gouvernement sur une proposition faite en CGF le 4 octobre ne pourra pas être donnée avant le plénum du 25 octobre. La raison ? L’Exécutif ne siège pas pendant les vacances scolaires ! Quel statut ? Lors de la rencontre du 27 septembre avec le DED, le problème de la couverture d’assurance des enseignant-e-s qui doivent utiliser leur véhicule privé à des fins professionnelles a été évoqué. La question du SEJ était de savoir s’il n’était pas possible que les enseignant-e-s de l’école obligatoire bénéficient de la même couverture que les enseignant-e-s du postobligatoire, qui sont assuré-e-s en pareil cas par le Canton. Réponse immédiate d’un responsable du SEN : non, les enseignant-e-s de l’école obligatoire ne sont pas des employés cantonaux ! Propos confirmés par hochements de tête de ses collègues présents. « Vraiment, s’est immédiatement exclamé le soussigné, comment vous êtes-vous permis alors de proposer de réduire les salaires d’employés qui ne sont pas les vôtres ? ». Moins sûr de son fait, le SEN produira un avis juridique sur ce point. |