Par Francis Baour, Président SEJB. Il était une fois un gros pétrolier qui voguait difficilement sur les vagues des grandes affaires boursières, faites de creux et de houles successives, dont on ne sait jamais laquelle gagnera. Il avait perdu une grande partie de sa cargaison (dégazage ?), mesurée en un milliard et quelques tonneaux. On fit alors appel pour corriger sa route à une nouvelle Capitaine (eh ! oui ! il y en a même dans la marine de hauts bords), ainsi qu’à un Second, tous deux marins au long cours, prêts à toutes épreuves, ayant fait leurs preuves tant face à des horizons bouchés que de rivages idylliques. On s’adjoignit également l’aide d’un Pilote chevronné, expert-diplômé de tous les instituts de marine (inter) nationaux, la présence de celui-ci étant obligatoire selon les lois maritimes en vigueur. La barre fut assez promptement quoique difficilement redressée, mais tant l’armateur que les membres de l’équipage et même (et surtout !) les clients durent alors passer à la caisse pour ce faire. Las ! Une partie du Haut Commandement représentant l’armateur et les clients, bien que récemment changé dans sa presque totalité, et arguant néanmoins de sa soi-disant longue expérience, commença à mettre en doute la perspicacité dans le domaine des hauts ou bas-fonds de notre pilote. Imaginez la scène : le navire en difficulté et le pilote se perd en discussion avec le Haut Commandement, resté à terre. Le pilote quitta dès lors discrètement le navire, pourtant en plein redressement, en ce bel été 2006. Plus grave, la Capitaine (eh ! oui ! voir ci-dessus) , ne pouvant elle non plus se faire entendre, se déclara encore capable d’amener le grand bateau à bon port jusqu’en fin d’année, charge ensuite à d’autres, de le ré appareiller. Ce qu’apprenant, le Second lui-même ne pouvait que lui emboîter le pas et se réserva une place dans le canot de sauvetage pour la même échéance. Dès lors, le gros pétrolier erre et le Haut Commandement affirme pouvoir tenir, sinon la barre, à tout le moins le cap, au moyen de multiples et hypothétiques personnes qui se presseraient et se déclareraient prêtes à prendre le premier hélicoptère de secours pour prendre en main le destin de cette masse considérable ainsi laissée sans Pilote, ni Maître à bord, ni Second dès la fin de l’année. …On se perd en conjectures sur le sort de cette unité, laissée aux quatre vents. Ou pire encore, doit-on craindre une nouvelle marée noire qui fera perdre à tous les clients leurs derniers espoirs en la pérennité du mazout ?… *Toute ressemblance avec une caisse de retraite d’enseignants d’un grand canton suisse serait, évidemment, purement fortuite et involontaire… Qui me lira, s'interrogera Qui relira, comprendra Qui comprendra, agira (?) Sinon le navire chavirera (FB) |