Perspectives 2017: écolnomies

Pour débuter cette nouvelle année, j’utilise une formulation qui est issue de la fusion des mots écoles et économies: écolnomies.

Ce nouveau mot est en lien avec l’actualité des soldes dans les grands magasins. Après les cadeaux et les bonnes résolutions du Nouvel An, il est venu le temps de «brader» les stocks. Cette impression, je l’ai ressentie dans le budget 2017 voté par le Grand Conseil en décembre 2016. La qualité des écoles valaisannes est reconnue, mais la tendance est aux rabais, aux % et aux SALE.

Les instigateurs de cette option économique sont issus de la majorité politique. En décidant d’aller plus loin dans les coupes que les «recommandations» de l’étude BAK Basel, ils ont donné le top départ de cette course aux bas prix. En ajoutant ETS1 et ETS2 dans ce paquet cadeau, nous obtenons une école «pas chère». Avec la Réforme de l’Imposition des Entreprises III (RIE III), le «manque à gagner» pour le canton et les communes est de 120 millions. Des provisions sont faites, mais ne seront pas suffisantes pour gérer tous les aspects du budget 2018. Les investissements pour les hautes écoles sont quant à eux débloqués «pour le bien» de l’économie.

Pour l’école obligatoire, les résultats des moyens limités octroyés au financement de l’éducation seront ressentis par les enfants. Les élèves en difficultés auront une diminution de la prise en charge dans les études dirigées. Les attentes seront allongées pour les évaluations et les suivis par les spécialistes (logopédistes, psychologues...). Les effectifs des classes seront augmentés. La preuve nous est déjà fournie par les détracteurs de l’école. Des cas particuliers sont mis en avant à l’image de l’arbre qui cache la forêt. Les enseignants, en perdant des périodes de travail, participeront de manière contrainte à l’effort d’économie.

Tous les regards sont donc tournés vers les directions qui débutent les organisations 2017-2018 en ce mois de janvier. Elles ont comme mission de respecter les normes 2007 en complétant les tableaux automatiques des attributions. Comme acteurs de l’école, les enseignants ne doivent pas attendre que l’autorité annonce les postes en solde lors d’une réunion en février ou mars. Une planification concertée des différentes classes, des attributions de périodes est l’affaire de tous les collègues du centre scolaire. Ces derniers doivent investir de leur temps pour une séance participative qui doit déboucher sur le signalement des compositions de classes difficiles, des effectifs «limites», des situations problématiques. La SPVal vous soutient dans ces démarches et est à votre disposition pour des renseignements.

Du côté du Service de l’enseignement, l’arrivée du nouveau chef ne va pas bouleverser cette phase d’écolnomies. Des impulsions positives seront données. La clarification de certains rôles permettra aux responsables de traiter les dossiers de A à Z. En février, les retours des communes seront analysés et des modifications seront encore possibles. La confirmation des attributions suivra en mars. Les directions devront ensuite répartir les postes et les périodes aux enseignants.

Le début d’année 2017 est donc déjà tourné vers la prochaine rentrée scolaire. Mais une échéance électorale viendra également perturber les travaux des différents services. Le quotidien de l’école ne sera pas directement touché. Les influences se feront remarquer au niveau de la SPVal dans le traitement de certains dossiers. Les propositions des candidats feront la part belle aux promesses, aux engagements citoyens. Les choix des électeurs devraient apporter à la scolarité obligatoire un bilan positif avec des ressources et un retour au niveau pré-écolnomies.

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