Langues: vers une commission extraparlementaire

La Confédération devrait en faire plus sur la question des langues nationales et minoritaires en Suisse. Le Conseil des Etats veut une commission extraparlementaire ad hoc. Le National devra encore donner son feu vert.

Les sénateurs ont soutenu mercredi de justesse par 17 voix contre 16 et cinq abstentions une motion du Grison Stefan Engler (PDC) en ce sens. Des élus de tous bords ont voté "oui", sauf l'UDC.

La commission compterait trois représentants de chaque langue nationale ainsi que trois représentants de langues minoritaires. Elle s'occuperait des questions relevant de la compréhension et des échanges entre les communautés linguistiques et conseillerait le Conseil fédéral.

La question de l'enseignement du français en Suisse alémanique provoque de plus en plus de remous. Or la Confédération dispose de peu de ressources dans le domaine de la politique linguistique, estime Stefan Engler. La promotion de l'italien et du romanche est ainsi déléguée aux cantons du Tessin et des Grisons.

L'attention de la commission mériterait d'être portée non seulement sur l'allemand, le français, l'italien et le romanche, mais aussi sur des langues minoritaires, telles que le yéniche, le walser et le franco-provençal, ainsi que sur l'anglais et d'autres langues parlées par des migrants, comme le portugais.

Selon Stefan Engler, il est particulièrement important, dans le domaine des langues, de mener une politique solide, qui tienne compte des particularités des communautés linguistiques, des besoins des cantons et de la coexistence de toutes les langues du pays.

Le Conseil fédéral ne veut pas d'une commission extraparlementaire de plus. Ce n'est pas l'instrument adéquat pour renforcer la politique des langues de la Confédération, a affirmé le ministre de l'intérieur Alain Berset.

"Nous avons beaucoup de commissions extraparlementaires aujourd'hui. Dans mon seul département, il y en a quelque 40. Et le Parlement nous a demandé de réduire ce nombre", a rappelé M. Berset. Or il faut tenir compte des ressources à disposition, au vu des mesures d'économie en cours. "Si la demande de M. Engler aboutit, il faudra nous donner les moyens", a-t-il prévenu.

Selon lui, l'administration fédérale possède déjà les connaissances nécessaires à l'exécution de ces tâches. Le gouvernement rappelle aussi avoir pris une série de mesures dans les domaines des langues et cultures romanches et italiennes, des échanges scolaires et de l'enseignement des langues. Il collabore aussi avec la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique.

source: www.parlament.ch