3e rapport sur l'éducation en Suisse

 Le rapport 2018 sur l’éducation en Suisse vient de paraître. Il recense, sur plus de 300 pages, les connaissances actuelles sur le système éducatif suisse et sur son efficacité, de l’école obligatoire à la formation continue. Il a été remis cette semaine lors d’une conférence de presse au chef du DEFR, Johann N. Schneider-Ammann, et à la présidente de la CDIP, Silvia Steiner.

Le rapport 2018 sur l’éducation en Suisse  réunit les données et les informations issues de la statistique, de la recherche et de l’administration sur l’ensemble du système éducatif suisse, du degré préscolaire à la formation continue. La modernisation de la statistique en matière d’éducation ouvre de nouvelles options qui améliorent sensiblement les connaissances sur les écarts dans les cantons, les parcours ou les filières de formation, etc. Il est désormais possible d’analyser les différences entre les tailles des classes scolaires au sein des cantons ainsi que la stabilité ou les variations des taux de certificats du secondaire II. Des travaux de recherche permettent également d’étudier les passages de l’école obligatoire vers les degrés ultérieurs de formation. Il couvre près de 500 thèmes, dont les cinq exemples ci-après donnent un aperçu :

- Au nombre des défis importants rencontrés actuellement par le système éducatif suisse, le rapport sur l’éducation aborde les questions liées à la migration et la numérisation. Un tiers des jeunes âgés de 15 à 17 ans sont issus de l’immigration. Afin d’étudier en détail leur intégration, le rapport sur l’éducation estime qu’il serait nécessaire de disposer de données statistiques plus complètes, recensant aussi la langue, l’origine culturelle, l’origine socioéconomique et la durée de séjour dans le pays. Nombre d’études menées jusqu’ici imputent la responsabilité des difficultés scolaires rencontrées par ces jeunes à leur seul passé migratoire, une vision trop réductrice selon le rapport sur l’éducation.

- La numérisation dans le domaine de la formation est un point sur lequel on ne dispose pas encore de suffisamment de résultats de la recherche ou d’indicateurs. La numérisation et, par voie de conséquence, l’automatisation se sont largement imposées ces vingt dernières années dans le monde du travail. Le rapport sur l’éducation relève cependant qu’il est difficile de prévoir l’ampleur future et surtout la rapidité des répercussions de ces processus.

- La formation professionnelle est mise au défi de s’adapter à ces nouveaux processus, du fait qu’elle doit transmettre des compétences utiles sur le marché du travail. Dans une étude internationale sur l’adéquation entre la formation et les besoins des entreprises, la Suisse se place au premier rang, ex aequo avec l’Autriche. Le partenariat mis en place en Suisse semble donc être en mesure de garantir une corrélation étroite et équilibrée entre les acteurs du système éducatif et ceux du monde du travail.  

- L’efficacité des différentes formes d’enseignement intégratif est un sujet central de la recherche en éducation et il le restera à l’avenir. Selon le rapport sur l’éducation, les avantages de ce modèle pour les enfants nécessitant un soutien intégratif sont déjà confirmés par diverses études. Leurs camarades de classe ne souffrent d’aucun inconvénient ; l’évolution de leurs performances est comparable à celle des élèves de classes sans soutien intégratif.

- Le processus de la tertiarisation est appelé à se poursuivre en Suisse, même s’il perd quelque peu de sa dynamique. Selon les prévisions de l’OFS, environ 60 % de la population sera titulaire d’un diplôme de formation tertiaire (haute école ou formation professionnelle supérieure) d’ici à 2045, contre 40 % en 2015. Cette progression répond aussi à une demande réelle du marché de l’emploi, car les revenus relatifs des diplômés du degré tertiaire (rendements de la formation) sont restés plus ou moins constants au fil des ans. Aucune différence marquante n’est d’ailleurs constatée sur le plan des rendements de la formation entre la formation professionnelle supérieure et les hautes écoles.

Le rapport 2018 sur l’éducation en Suisse présenté  a été élaboré par le Centre suisse de coordination pour la recherche en éducation (CSRE) à Aarau sur mandat du Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) et de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP).

Source: communiqué